André Chauvet dit Camirand & Marie Anne Pastorel
André Chauvet dit Camirand, soldat français originaire de Guyenne, arrive en Nouvelle-France avant 1707 et devient l'ancêtre immigrant de tous les Camirand d'Amérique du Nord. Découvrez son histoire et les origines du nom Camirand.
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André Chauvet dit Camirand & Marie Anne Pastorel
Soldat, colon et fondateur de la lignée Camirand
André Chauvet dit Camirand, fils de Jean Chauvet (ou Chouvet) et de Françoise Touzet (ou Touzel), naît le 29 mars 1667. Il est baptisé le 2 avril 1667 dans la paroisse Saint-Pierre de Camiran, en Guyenne, en France. Ses parrains sont André Chouvet et Olive Charlot, ses grands-parents paternels.
Baptême d’André « Chouvet » en 1667 (Archives départementales de la Gironde)
Origines à Camiran
André grandit à Camiran aux côtés d’au moins quatre frères et sœurs : Joseph (baptisé en 1669), Guirande (née en 1672), Marguerite (baptisée en 1675) et Bertrande (née en 1676).
L’église Saint-Pierre, où André est baptisé, remonte à l’époque médiévale et compte parmi les plus anciens monuments de Camiran. De style roman, elle se distingue par un clocher-mur à deux travées, un portail en pierre sculptée et un intérieur divisé en deux nefs par des arcs en ogive reposant sur des piliers octogonaux. Au fil des siècles, l’édifice connaît plusieurs transformations, dont l’ajout d’un porche au XVIIe siècle. En 1907, le gouvernement français classe sa façade et son clocher-mur au titre des monuments historiques, soulignant ainsi leur valeur architecturale.
L’église Saint-Pierre de Camiran (photo prise en 2011 par Henry Salomé, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)
L’église Saint-Pierre de Camiran (photo prise en 2011 par Henry Salomé, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)
Localisation de Camiran en France (Mapcarta)
Camiran se trouve à environ 50 kilomètres au sud-est de Bordeaux, dans l’actuel département de la Gironde, dans le sud-ouest de la France. Cette commune rurale compte moins de 500 habitants, appelés les Camiranais. Bien que la famille porte le nom Chauvet, ou Chouvet, en France, le nom Camirand sous lequel elle se fait connaître en Nouvelle-France dérive très probablement du nom de ce village.
Au XVIIe siècle, Camiran se trouve dans la province de Guyenne, une région agricole et viticole dont Bordeaux, la ville voisine, constitue le centre. La plupart des habitants vivent de la culture de la terre, de l’élevage ou du travail auprès de propriétaires terriens locaux, au rythme du calendrier agricole : les semailles, les récoltes et les fêtes religieuses marquent le déroulement de l’année. Comme la plupart des enfants de l’époque, André ne reçoit probablement qu’une instruction limitée et apprend plutôt un métier auprès de sa famille. L’église paroissiale Saint-Pierre est au cœur de la vie communautaire : on y célèbre les baptêmes, les mariages et les funérailles, et la population s’y rassemble régulièrement.
Un sergent en Nouvelle-France
André est en Nouvelle-France dès 1707, bien que la date exacte de son arrivée reste inconnue. Il sert comme sergent dans la compagnie de Repentigny, capitaine des Compagnies franches de la Marine. Créées en 1683, ces troupes coloniales constituent l’épine dorsale des forces militaires de la Nouvelle-France. Elles sont chargées de défendre la colonie, de garnir ses forts et de protéger les intérêts français dans toute la vallée du Saint-Laurent et la région des Grands Lacs.
Au début du XVIIIe siècle, dans les années qui suivent la Grande Paix de Montréal de 1701, leurs fonctions consistent principalement à occuper les postes militaires, à escorter les voyageurs et les convois de ravitaillement, et à assurer la sécurité des établissements frontaliers de la colonie en pleine expansion. En tant que sergent, André occupe un poste à responsabilités au sein de la compagnie. Il assiste les officiers en supervisant les soldats, en maintenant la discipline, en organisant les gardes et en veillant aux routines quotidiennes de la vie militaire. Ce grade le désigne comme un soldat de confiance et expérimenté, situé au-dessus des simples soldats, mais en dessous des officiers commissionnés, une position relativement rare qui lui confère une réelle autorité et un véritable respect au sein de la hiérarchie militaire de la Nouvelle-France.
Drapeau des Compagnies franches de la Marine (Wikimedia Commons)
Marie Anne Pastorel (ou Pastourelle), fille de Claude Pastorel (ou Pastourelle) dit Lafranchise et de Marie Leclerc, naît le 28 mars 1677. Elle est baptisée le lendemain dans la paroisse Sainte-Famille de Boucherville. Ses parrains sont Nicolas Le Baron et Marie Chauvin, épouse de Jean Denoyon. [Marie Anne n’apparaît sous le nom de Lafranchise, le surnom de son père, qu’à deux reprises dans les registres généalogiques.]
Baptême d’« Anne Pastorel » en 1677 (Généalogie Québec)
Les premières noces de Marie Anne
Marie Anne épouse son premier mari, Jean Morisseaux, le 19 juin 1698, dans la paroisse Sainte-Famille de Boucherville. Elle a 21 ans, tandis que lui en a 23. Les témoins de Marie Anne sont son père et son frère Pierre. Sont également présents Pierre Boucher, seigneur de Boucherville, le sieur Labaume, chirurgien, et le sieur Moreau, notaire.
Le couple s’installe à Repentigny, où naissent trois enfants : Vincent, Jacques et Marie Catherine. Jean travaille comme interprète et voyageur.
Jean Morisseaux décède vers l’âge de 28 ans en 1703. Selon son acte de sépulture dans Généalogie Québec, « son corps a été transporté le 27 juin 1717. A été enterré Jean Morisseau, mort il y a quatorze ans et enterré hors du cimetière. » La cause de son décès est inconnue, tout comme la raison de cette nouvelle inhumation.
Le 27 août 1703, Marie Anne est engagée par Antoine de Lamothe Cadillac « pour aller au fort pontchartrain du detroit du Lac Erié pour y nourrir et allaiter en qualité de nourrice, l’enfant duquel Madame de La motte est Enceinte ». En contrepartie de ses services de nourrice pendant deux ans, elle doit recevoir 450 livres par année, ainsi qu’une « robbe de chambre ».
Marie Anne rencontre probablement son futur mari lors de son séjour au fort Pontchartrain. En 1705, cependant, elle est de retour à Repentigny.
Mariage d’André et de Marie Anne
Le 11 juillet 1707, le notaire Michel Lepailleur de LaFerté rédige un contrat de mariage entre « André Chauvet de Camirant », « sergent des troupes du détachement de la marine dans la garnison du Détroit du lac Érié », et « Anne Pastourel ». Les parents d’André sont identifiés comme étant Jean Chauvet, laboureur, et Françoise Thouzet, de la paroisse de Camiran. Marie Anne est décrite comme la veuve de Jean « Mauriceau » et la fille de Claude Pastourel et de Marie Leclerc, de la paroisse de Boucherville.
Les témoins d’André sont Pierre Picard et le soldat Bernard Philipe de Belhumeur. Les témoins de Marie Anne sont son beau-père, Vincent Morisseaux, et sa belle-mère, Marie Anne Basmont ; ses beaux-frères Pierre et Jean Baptiste Morisseaux ; sa belle-sœur Marie Catherine Morisseaux ; ainsi que Barbe et Jeanne Bousquet. Presque tous les témoins de Marie Anne sont issus de la famille de son défunt mari, signe des liens étroits qu’elle maintient avec eux après son décès.
Le contrat suit les normes de la Coutume de Paris. Le douaire préfix est fixé à 500 livres et le préciput à 250 livres.
La Coutume de Paris
La Coutume de Paris régit la transmission des biens familiaux en Nouvelle-France. Qu’il y ait ou non un contrat de mariage, un couple est soumis à la « communauté de biens », c’est-à-dire que tous les biens acquis pendant le mariage font partie de la communauté. Au décès des parents, les biens de la communauté sont partagés à parts égales entre tous les enfants, qu’ils soient fils ou filles. Si l’un des conjoints décède, le conjoint survivant conserve la moitié des biens de la communauté, tandis que l’autre moitié est partagée entre les enfants. Au décès du conjoint survivant, sa part est également répartie à parts égales entre les enfants. Des inventaires sont dressés après le décès afin de répertorier tous les biens de la communauté.
Le douaire désigne la part de propriété réservée par le mari à sa femme au cas où elle lui survit. Le préciput, sous le régime de la communauté de biens, est un avantage conféré par le contrat de mariage, généralement au conjoint survivant, lui accordant le droit de réclamer une somme d’argent ou un bien déterminé à la communauté avant le partage du reste.
Dans le contrat, Marie Anne déclare ne posséder aucun bien mobilier ou immobilier issu de son premier mariage, à l’exception d’une terre boisée située à Saint-Sulpice. Elle précise également que son défunt mari a laissé plusieurs dettes et qu’elle a besoin de l’aide de son beau-père pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Elle renonce officiellement à la communauté de biens qui l’unissait à son défunt mari.
Marie Anne peut signer son nom (« Pastourelle »), bien que d’une main peu assurée, tout comme quelques témoins. André ne signe pas.
La signature de Marie Anne sur le contrat de mariage
André et Marie Anne se marient six jours plus tard, le 17 juillet 1707, dans la paroisse Notre-Dame de Montréal. André est alors enregistré comme sergent âgé de 37 ans dans la compagnie du sieur de Repentigny (il a en réalité 40 ans). Marie Anne est enregistrée comme veuve de Jean Morisseaux, âgée de 28 ans (elle a en réalité 30 ans). Les témoins d’André sont son capitaine, de Repentigny ; son camarade de soldat Bernard Philipe Belhumeur ; le capitaine de Laforest ; et Jacques Choagne Lafrance, soldat de la compagnie de Laforest. Les témoins de Marie Anne sont son beau-frère Jean Baptiste Morisseaux et le bedeau Jean Queneville.
Le couple a au moins six enfants, les trois premiers nés à Détroit et les trois derniers au Canada :
André (1709-avant 1733)
Pierre (1710–1792)
Marie Josèphe (vers 1712–1714)
Marie Madeleine (1714–1764)
Thérèse (1716–?)
Marguerite (1719–1757)
Le 29 août 1707, André reconnaît devoir à François Brissonnet, marchand-perruquier de la ville de Villemarie, la somme de 324 livres pour des marchandises livrées en vue de son prochain voyage. L’acte, rédigé par le notaire Michel Lepailleur de LaFerté, indique qu’André est résident de Détroit, sur le lac Érié. L’obligation est enregistrée avant son départ pour Détroit, et il s’engage à la rembourser d’ici le mois de juillet suivant.
Retour au fort Pontchartrain
André et Marie Anne partent probablement pour Détroit peu après la rédaction de cet acte, très certainement en canoë par les voies navigables reliant Montréal au Pays d’en Haut, un voyage qu’ils ont déjà effectué tous les deux auparavant. À l’époque de la Nouvelle-France, le Pays d’en Haut désigne le vaste territoire situé à l’ouest de Montréal. Il englobe la majeure partie de la région des Grands Lacs, tant au nord qu’au sud de ceux-ci, et s’étend plus à l’ouest et au sud à mesure que les Français s’enfoncent dans le continent.
Fort Pontchartrain, 1706 (Wikimedia Commons)
« La rivière du Détroit depuis le lac Sainte Claire jusqu’au lac Erié », carte de 1764 de Jacques-Nicolas Bellin (Bibliothèque nationale de France)
Illustration générée par l’auteure à l’aide de l’intelligence artificielle, juin 2026 (ChatGPT)
Lorsqu’André occupe le poste de sergent au fort Pontchartrain du Détroit entre 1707 et 1714, lui et sa famille vivent sur l’une des frontières les plus reculées et les plus stratégiques de la Nouvelle-France. Fondé quelques années plus tôt, en 1701, par Antoine de Lamothe Cadillac, Détroit a pour objectif de freiner l’expansion anglaise, de contrôler le commerce des fourrures dans l’Ouest et d’établir une présence française permanente dans le Pays d’en Haut. La communauté comprend une petite garnison ainsi qu’un nombre croissant de colons français, de missionnaires et de commerçants de fourrures, sans oublier des milliers d’alliés et de partenaires commerciaux autochtones, parmi lesquels figurent les peuples odawa, wyandot, potawatomi, ojibwé et miami.
En tant que sergent, André est un sous-officier chargé de veiller au respect de la discipline et à la gestion quotidienne des soldats placés sous ses ordres. Ses fonctions comprennent probablement la supervision des rotations de garde, l’inspection des armes et des provisions, l’organisation des équipes de travail, la transmission des ordres des officiers, le maintien de l’ordre au sein du fort et la participation à sa défense. La garnison étant réduite, les soldats assument souvent des tâches qui vont bien au-delà des missions purement militaires, notamment la construction, l’entretien du fort et le transport des provisions.
Pour Marie Anne et ses jeunes enfants, la vie doit être à la fois difficile et inhabituelle par rapport à celle de la vallée du Saint-Laurent. À cette époque, la plupart des familles françaises vivent encore à l’intérieur ou à proximité immédiate de la palissade en bois du fort afin d’assurer leur sécurité. Leur maison est probablement une modeste habitation en bois, nichée au milieu des quartiers des soldats, des entrepôts, des ateliers et de l’église paroissiale Sainte-Anne.
Retour au Canada
Le 10 mai 1714, Pierre Morisseaux, frère de feu Jean Morisseaux, se réunit avec six autres parents et amis afin de désigner un tuteur et un subrogé tuteur pour les enfants mineurs de Jean Morisseaux et de Marie Anne Pastorel, de manière à permettre le partage de la succession des défunts parents de Pierre et de Jean. Pierre Morisseaux est élu tuteur, et Alexis Bissonnet, subrogé tuteur. On ignore pourquoi Marie Anne n’est pas désignée tutrice légale de ses propres enfants mineurs ; il est possible qu’elle et sa famille ne soient pas encore revenues de Détroit.
En juillet 1714, à la naissance de leur fille Marie Madeleine, André et Marie Anne sont de retour au Canada, où ils vivent probablement à Trois-Rivières ou dans les environs.
L’établissement à Tonnancour
Le 15 mai 1718, André prend à bail une ferme auprès du maître-forgeron Antoine Bouton pour une durée de trois ans. La terre, mesurant trois arpents de front, se trouve dans la seigneurie de Tonnancour (Pointe-du-Lac, qui fait aujourd’hui partie de Trois-Rivières), adjacente à celle du sieur Jutras. Elle comprend une maison couverte d’herbes et une grange couverte de paille, toutes deux nécessitant des réparations. Les deux hommes s’entendent pour se partager à parts égales les récoltes de foin et de grains : Bouton fournit une charrette et les bœufs, tandis qu’André défriche et ensemence la terre, et Bouton continue de payer le cens et la rente de la propriété.
Six ans après avoir signé le bail de Bouton, André fait l’acquisition d’une terre à son nom dans la même seigneurie. Le 20 mars 1724, il reçoit une concession dans le fief de Tonnancour de la part de René Godefroy, seigneur de Tonnancour, « conseiller du roi et lieutenant général au siège de la juridiction de la ville de Trois-Rivières ». André est décrit comme habitant de la ville de « Quatre-Rivières » (très certainement une variante rare ou une transcription erronée de Trois-Rivières). Le terrain mesure trois arpents de front sur le fleuve Saint-Laurent et vingt arpents de profondeur. En contrepartie, André s’engage à payer des cens et rentes annuels de vingt sols en espèces, plus un chapon (ou vingt sols) pour chaque arpent de front. Il s’engage en outre à construire une maison sur la terre dans un délai d’un an et demi et à entretenir les chemins seigneuriaux qui la traversent pour l’usage public. Le seigneur, pour sa part, se réserve le droit de prélever du bois sur la propriété pour construire une église, un moulin ou un manoir seigneurial. André obtient également des droits de chasse et de pêche sur la terre.
Ventes et transferts fonciers
Le 25 mars 1729, André et Marie Anne vendent une partie de leur concession foncière à Pointe-du-Lac, dans le fief de Tonnancour, à leur fils André pour 200 livres. Ils lui vendent deux arpents de front et en conservent un. André fils s’engage à payer cette somme à son retour d’un voyage dans la région de l’Outaouais, ce qu’il fait le 15 avril 1730.
Leur fils André meurt entre le 15 avril 1730 et la transaction suivante, en 1733.
Le 20 juillet 1733, André et Marie Anne vendent un arpent de terre à Pointe-du-Lac à Pierre Gladu et à son épouse Magdelaine Brouillet pour 80 livres, payables en espèces ou en blé.
Le 2 janvier 1735, André et Marie Anne vendent à leur fils Pierre, pour la somme de 200 livres, les deux arpents de terre situés à Pointe-du-Lac qu’ils avaient auparavant cédés à leur fils André. Ce document semble être le seul à confirmer le décès d’André fils. Dans le cadre de cette vente, Pierre s’engage à régler les dettes de son défunt frère.
Un mois plus tard, le 4 février 1735, André et Marie Anne vendent à leur fils Pierre un emplacement situé dans la basse-ville de Trois-Rivières, dans un lieu vulgairement appelé le Marquisat du Sablé, pour la somme de 250 livres. Leur fils André avait acquis cet emplacement en 1730 auprès de François Dalpé dit Sincerny. Il mesure un demi-arpent de front sur environ un arpent de profondeur et comprend une maison d’environ 25 pieds de long sur 20 pieds de large, ainsi qu’une étable. André et Marie Anne conviennent d’utiliser le produit de la vente pour rembourser les dettes de leur défunt fils André.
Le 4 avril 1746, André et Marie Anne vendent une terre située dans le Marquisat du Sablé au voyageur Claude Césire. Ils sont décrits comme résidents de Trois-Rivières. [Malheureusement, l’encre qui a traversé le papier rend les détails indéchiffrables. On ne sait pas s’il s’agit du même emplacement que celui mentionné plus haut.]
Décès de Marie Anne
Marie Anne Pastorel (ou Pastourelle) décède à l’âge de 69 ans le matin du 22 avril 1746. Elle est inhumée le lendemain au cimetière paroissial de l’Immaculée-Conception à Trois-Rivières.
Sépulture de « Marianne Lafranchise » en 1746 (FamilySearch)
Le 7 novembre 1746, le notaire Louis Pillard dresse un inventaire de la communauté de biens d’André et de sa défunte épouse. Ce document, relativement court, énumère tous les biens et toutes les dettes du couple. [Malheureusement, l’encre qui a traversé le papier rend les détails indéchiffrables.]
Les dernières années d’André
Le 17 juin 1747, André achète de son fils Pierre, pour la somme de 250 livres, l’emplacement situé à Trois-Rivières, dans le lieu-dit du Marquisat du Sablé. Il mesure un demi-arpent de front sur environ un arpent de profondeur. Le terrain comprend une vieille maison et d’autres petits bâtiments en mauvais état. La rente seigneuriale s’élève à quatre livres ou deux chapons vifs par an, qu’André s’engage à payer à partir de ce moment.
Le moment choisi pour ce rachat, intervenu après le décès de Marie Anne et le partage de la communauté de biens du couple, laisse supposer qu’André rachète l’emplacement pour son usage personnel, alors qu’il est désormais veuf. Il y passe vraisemblablement le reste de ses jours.
Décès d’André
André Chauvet dit Camirand décède à l’âge de 87 ans. Il est inhumé le 28 mars 1755, à la veille de son 88e anniversaire, au cimetière paroissial de l’Immaculée-Conception à Trois-Rivières. [Sa date de décès a été omise dans l’acte de sépulture.]
Sépulture d’André « Chauvette dit Camiran » en 1755 (FamilySearch)
Aux origines de tous les Camirand
L’histoire d’André Chauvet dit Camirand et de Marie Anne Pastorel illustre bien les parcours souvent extraordinaires des pionniers de la Nouvelle-France. Né dans le petit village de Camiran, en Guyenne, André traverse l’Atlantique pour servir comme sergent dans les Compagnies franches de la Marine et se retrouve à l’une des frontières les plus éloignées de l’empire français en Amérique. Marie Anne, quant à elle, connaît très tôt les épreuves de la vie : devenue veuve avec de jeunes enfants, elle accepte un engagement comme nourrice au fort Pontchartrain avant de refaire sa vie avec André.
Ensemble, ils traversent les vastes territoires du Pays d’en Haut, élèvent leur famille à Détroit, puis reviennent dans la vallée du Saint-Laurent, où ils s’établissent à Pointe-du-Lac et à Trois-Rivières. Comme tant d’autres habitants de leur époque, ils vivent du travail de la terre, acquièrent et transmettent des propriétés, élèvent leurs enfants et participent à l’occupation durable du territoire.
Aujourd’hui, André Chauvet dit Camirand et Marie Anne Pastorel occupent une place particulière dans l’histoire familiale canadienne. Tous les porteurs du nom Camirand en Amérique du Nord descendent de ce couple. À travers leurs enfants et leurs nombreux descendants, leur héritage se perpétue depuis plus de trois siècles, reliant les familles Camirand d’aujourd’hui à un sergent originaire d’un petit village du sud-ouest de la France et à la femme qui partagea son destin en Nouvelle-France.
Version PDF de la biographie qui se trouve à l'adresse suivante : https://www.tfcg.ca/andrechauvetcamirand-et-marieannepastorel.
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Bibliographie :
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« Actes de notaire, 1706-1735 // Pierre Petit », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-P3JH-F8MZ?cat=koha%3A538087&i=1614&lang=en : consulté le 3 juin 2026), vente d’une terre par André Chauvet-Camirand et Anne Pastourelle à leur fils Pierre Chauvet, 2 janv. 1735, images 1615-1617 sur 2786 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
« Actes de notaire, 1706-1735 // Pierre Petit », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-L3JH-X9BW-N?cat=koha%3A538087&i=1634&lang=en : consulté le 4 juin 2026), vente d’un emplacement par André Chauvet-Camirand et Anne Pastourelle à leur fils Pierre Chauvet, 4 févr. 1735, images 1635-1638 sur 2786; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
« Actes de notaire, 1736-1767 // Louis Pillard », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-P3JH-D9CX-8?cat=koha%3A538090&i=1924&lang=en : consulté le 4 juin 2026), vente d’une terre par André Chauvet-Camirand et Anne Pastourelle à Claude Sesire, 4 avr. 1746, images 1925-1926 sur 2708 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
« Actes de notaire, 1736-1767 // Louis Pillard », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-L3JH-D94C-W?cat=koha%3A538090&i=2221&lang=en : consulté le 4 juin 2026), inventaire de la communauté des biens d’André Chauvet dit Camirand et feu Marie Anne Pastorel, 7 nov. 1746, images 2222-2225 sur 2708 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
« Actes de notaire, 1744-1761 // Jean Leproust », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTH-J79C-C?cat=koha%3A538079&i=857&lang=en : consulté le 4 juin 2026), vente d’un emplacement par Pierre Chauvet dit Camiran à son père André Chauvet dit Camiran, 17 juin 1747, images 858-859 sur 995 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
« Fonds Juridiction royale de Montréal - Archives nationales à Montréal », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/699627 : consulté le 3 juin 2026), tutelle des enfants mineurs de feu Jean Morisseau et Anne Pastorel, 10 mai 1714, cote TL4,S1,D1578, Id 699627.
Fédération québécoise des sociétés de généalogie, base de données du Fichier Origine (https://www.fichierorigine.com/fr/repertoire/chauvet/-chouvet/-camirand : consulté le 4 juin 2026), entrée pour CHAUVET / CHOUVET / CAMIRAND, André (fiche 240865), mise à jour le 5 févr. 2017.
Université de Montréal, base de données du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) (https://www-prdh-igd-com.res.banq.qc.ca/Membership/en/PRDH/Famille/8020 : consulté le 3 juin 2026), entrée du dictionnaire pour Jean MORISSEAUX et Marie Anne PASTOREL LAFRANCHISE, union 8020.
Université de Montréal, base de données du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) (https://www-prdh-igd-com.res.banq.qc.ca/Membership/en/PRDH/Famille/10061 : consulté le 3 juin 2026), entrée du dictionnaire pour Andre CHAUVET CAMIRAND et Marie Anne PASTOREL LAFRANCHISE, union 10061.
« Founding of Detroit », Detroit Historical Society (https://www.detroithistorical.org/learn/online-research/encyclopedia-of-detroit/founding-detroit : consulté le 4 juin 2026).