Le forgeron
Explorez le métier de forgeron en Nouvelle-France, des forges rurales et des Forges du Saint-Maurice aux sites sidérurgiques du XIXe siècle et aux lieux patrimoniaux du Québec.
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Le forgeron
La forge, gravure sur bois de J. Goulden, vers 1850-1885 (Musée McCord Stewart)
Un forgeron était avant tout un artisan qui travaillait le fer forgé à l’enclume. Presque toutes les communautés établies en Nouvelle-France, des grandes villes aux forts frontaliers, comptaient sur un forgeron pour fabriquer et réparer des objets en fer. Les forgerons de la Nouvelle-France étaient souvent des « touche-à-tout », réunissant les compétences de plusieurs artisans spécialisés du métal. En l’absence de corporations de métiers officiellement établies comme en France, un même forgeron pouvait exercer les fonctions de maréchal-ferrant, de serrurier ou de taillandier. Il forgeait ou réparait ainsi tous les objets en fer dont les colons avaient besoin, des clous et des charnières aux couteaux et aux socs de charrue.
L’intendant Jean Talon a très tôt compris qu’il était essentiel, pour la survie de la colonie, d’encourager les artisans locaux, tels que les forgerons. Contrairement à plusieurs villes de France métropolitaine, aucune corporation de métier officielle n’a été établie en Nouvelle-France. Les métiers n’étaient donc pas encadrés par des monopoles corporatifs ni par des examens obligatoires, et les artisans qualifiés pouvaient exercer leur métier sans appartenir à une corporation. Ce système plus souple permettait aux forgerons compétents de s’établir là où l’on avait besoin d’eux et contribuait à ce que même les plus petites communautés puissent développer leur propre forge.
Selon la tradition, la forge ouvrait à l’aube et le forgeron (ainsi que ses apprentis) y travaillait toute la journée, souvent jusqu’à douze heures par jour, six jours par semaine, selon la demande. Le feu pouvait être entretenu toute la nuit afin d’être ravivé le matin. En Nouvelle-France, le combustible utilisé était principalement le charbon de bois, puisque le charbon minéral n’était pas encore d’usage courant.
« L’atelier du forgeron », tableau d’Albert Brument, fin du XIXe siècle (Wikimedia Commons)
Les produits du forgeron et sa clientèle
Le rôle principal du forgeron était de forger et de réparer les outils et le matériel en fer nécessaires à la vie quotidienne et au travail en Nouvelle-France. À l’aide de la chaleur et du marteau, il façonnait le fer forgé pour produire une vaste gamme d’objets : quincaillerie de bâtiment (clous, charnières de porte, serrures, loquets, crochets), outils agricoles (haches, houes, herminettes, charrues, faux), ustensiles ménagers (tisonniers, crochets à marmite, dessous-de-plat, articles de cuisine en fer), matériel de transport (bandages de roues de charrette, patins de traîneaux, pièces en fer pour charrettes ou voitures) et, au besoin, armes (lames de couteaux, poignées d’épée, tomahawks et pièces d’armes à feu). Les forgerons consacraient aussi beaucoup de temps au ferrage des chevaux (fabrication et pose des fers à cheval), une tâche qui prenait de plus en plus d’importance à mesure que les chevaux se répandaient dans la colonie.
Dans les communautés côtières ou riveraines, les forgerons fabriquaient du matériel maritime, comme des clous de bateau, de petites ancres et des hameçons, afin de soutenir la construction navale et la pêche. À une époque où chaque outil était forgé à la main, leur travail était indispensable.
George Gould travaillant sur une ancre, 1959, photo de Chris Lund (Bibliothèque et Archives Canada)
Poêle fabriqué aux Forges du Saint-Maurice, vers 1825 (Musée McCord Stewart)
Les habitants, les cultivateurs et les citadins constituaient les principaux clients du forgeron, puisque la ferronnerie était essentielle à de nombreuses activités quotidiennes. Leur travail était également crucial pour les autorités militaires et coloniales, les forgerons pouvant fabriquer et entretenir des armes et du matériel de défense. En période de conflit (notamment entre 1680 et 1760), ils réparaient des mousquets et fabriquaient des pièces de fusil, des lames d’épée et des éléments d’artillerie.
« Ordonnance qui fait défenses à tous forgerons, serruriers et autres de la ville de Québec d’acheter de qui que ce soit des ferrailles ou ustensiles qui puissent avoir rapport aux ferrures de l’artillerie ou autres choses appartenant au roi, sans au préalable en avoir permission de l’intendant, à peine contre les contrevenants d’être poursuivis comme voleurs des effets de Sa Majesté et d’être condamnés aux peines afflictives par eux encourues. » (Ordonnance émise sous le gouverneur et lieutenant général Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil et de Cavagnial, 22 avril 1756)
Le clergé et les marguilliers faisaient aussi appel aux forgerons pour effectuer des réparations à l’église paroissiale.
Reçu de Jean-Baptiste Vézina, forgeron, à Louis Guillet, agent des biens des Jésuites pour la seigneurie de Batiscan, pour travaux de forge, 10 avril 1829 (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Les forgerons jouaient également un rôle dans le commerce des fourrures en réparant les ressorts de pièges, en forgeant des têtes de hache et en entretenant les armes à feu. Les marchands et les voyageurs veillaient à ce qu’un forgeron — ou à tout le moins du matériel de forge — soit présent dans les principaux postes de traite afin de fabriquer et de réparer les marchandises, ainsi que d’assembler ou de remettre en état les armes à feu.
Le forgeron en ville et à la campagne
Monsieur O. Brazeau, forgeron de la rue William à Montréal, ferre un cheval, octobre 1945, photo de Conrad Poirier (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Les forgerons de Québec et de Montréal avaient tendance à se spécialiser davantage en raison d’une demande et d’une concurrence plus soutenues. À la fin du XVIIIe siècle, plusieurs se concentraient sur le ferrage des chevaux et la réparation de quincaillerie, tandis que des métiers spécialisés émergeaient : serruriers, cloutiers et taillandiers, par exemple. En revanche, le forgeron rural ou seigneurial devait faire preuve d’une grande polyvalence et prendre en charge tous les types de travaux du métal. Dans bien des cas, les forgerons ruraux pratiquaient également l’agriculture afin d’assurer leur subsistance toute l’année, surtout au XVIIe siècle, lorsque la population de la colonie était peu nombreuse.
La forge : atelier du forgeron
Boutique de forge de Raoul Leduc, vers 1940, Chénéville (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Le lieu de travail du forgeron, appelé la forge, était généralement un petit atelier construit en bois ou en pierre, situé au centre d’une ville ou d’un village. À l’intérieur, l’aménagement s’organisait autour du foyer, une structure surélevée en maçonnerie ou en métal où l’on brûlait du charbon de bois pour chauffer le fer. Un grand soufflet (actionné au pied ou par un assistant tirant un levier) était fixé au foyer afin d’y insuffler de l’air et d’élever la température jusqu’à l’incandescence nécessaire au forgeage. À proximité se trouvait l’enclume, et autour de la pièce étaient disposés des étagères ou des établis où l’on rangeait les marteaux, les pinces, les ciseaux et les autres outils du forgeron. L’atmosphère d’une forge en activité était extrêmement chaude, bruyante et enfumée. Le feu brillait intensément, des gerbes d’étincelles jaillissaient lorsque le marteau frappait le métal, et le choc répété du fer sur l’enclume résonnait dans l’atelier. C’était un lieu de travail physiquement exigeant et dangereux : les forgerons soulevaient de lourdes barres de fer et des masses, travaillaient dans une chaleur étouffante et devaient demeurer vigilants face aux projections de scories et de métal en fusion. Les brûlures constituaient un risque courant, tout comme l’inhalation de fumée.
Les outils du forgeron
Les forgerons utilisaient un ensemble d’outils et d’équipements spécialisés, chacun ayant une fonction précise dans le processus de forgeage :
Forge et soufflet – le foyer, ou feu de forge, était l’endroit où le fer était chauffé jusqu’à devenir rouge et malléable. Le soufflet permettait d’insuffler de l’air afin d’augmenter la température du feu et d’amener le métal à la température nécessaire au forgeage.
Procédé de forge dans un contexte méditerranéen (Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)
Enclume – bloc de fer massif muni d’une face plate pour le martelage et d’une corne effilée pour le cintrage. C’est sur l’enclume que le forgeron plaçait le métal chauffé afin de le façonner. Presque toutes les opérations de mise en forme — aplatissement, étirage, cintrage, poinçonnage — s’effectuaient sur la face de l’enclume ou à l’aide d’outils adaptés insérés dans ses trous.
Marteaux – principaux instruments de force du forgeron. Celui-ci utilisait des marteaux de tailles et de formes variées : de petits marteaux à panne ronde ou à panne croisée pour un façonnage précis, de lourdes masses (souvent maniées par un apprenti ou un aide) pour porter des coups puissants, ainsi que des marteaux spécialisés pour des tâches particulières. En martelant le fer chauffé sur l’enclume, il pouvait l’amincir (étirage), l’épaissir (refoulement), le plier ou le souder.
Pinces et tenailles – outils indispensables du travail du métal, de formes variées, servant à saisir et à maintenir le fer chauffé, trop chaud pour être manipulé à mains nues. Les forgerons possédaient de nombreuses paires de pinces aux mâchoires de formes différentes (plates, pointues, creuses) afin de manipuler des barres, des tiges ou des pièces plus délicates.
Étau – étau en fer robuste, généralement fixé à un établi ou à un poteau, servant à serrer et à maintenir fermement une pièce lors de certaines opérations. Il constituait en quelque sorte une « troisième main » dans l’atelier.
Ciseaux et poinçons – Les ciseaux en acier trempé servaient à couper le métal, qu’il soit chaud ou froid. Les poinçons permettaient de percer des trous dans le fer chauffé (par exemple, pour les trous d’un fer à cheval ou d’une tête de hache) en pénétrant le métal ramolli. Ces outils permettaient au forgeron de couper et de façonner le métal avec précision, sans recourir à une scie ou à une perceuse.
Limes et meule – Après le forgeage, le forgeron utilisait souvent des limes pour lisser et finir une pièce, enlever les bavures ou en ajuster les dimensions avec précision. Une grande meule à pédale pouvait servir à affûter les outils (comme les haches ou les ciseaux) ou à polir une surface.
« Cingler le Renard » dans la section « Forges ou art du fer », Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1765
« Soufflets » dans la section « Forges ou art du fer », Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1765
La tenue du forgeron
Travailler à la forge exigeait des vêtements pratiques et résistants. Les forgerons de la Nouvelle-France s’habillaient pour accomplir des travaux manuels exigeants et supporter la chaleur du feu. Leur tenue typique était simple et robuste, composée de fibres naturelles qui ne s’enflammaient pas facilement. La plupart portaient des chemises en lin ou en laine, généralement amples et aux manches retroussées. Ces chemises permettaient à l’air de circuler et aidaient à garder le forgeron aussi au frais que possible près du foyer ardent. Pour le bas du corps, ils portaient le vêtement courant de la classe ouvrière des XVIIe et XVIIIe siècles : la culotte, qui arrivait aux genoux. Celle-ci était assortie de bas en laine ou en lin, également longs, faits de tissus résistants de couleur sombre ou non teinte, qui masquaient plus facilement les taches de charbon.
Portrait d’un forgeron, photo d’Adalbert Auguste Cuvelier, 1852 (Bibliothèque nationale de France)
L’élément le plus emblématique de la tenue du forgeron était le tablier de cuir. Les forgerons portaient un épais tablier en cuir tanné comme principale protection contre le métal chauffé et les étincelles. Ce tablier couvrait l’avant du corps, descendant généralement du haut de la poitrine (ou de la taille) jusqu’à mi-mollet. On utilisait du cuir de vache épais pour confectionner ces tabliers, en raison de sa robustesse et de sa résistance au feu. Les tabliers de forgeron étaient souvent fendus à l’avant (formant deux pans sous le genou) ; cette conception permettait de maintenir le sabot du cheval entre les genoux pendant le ferrage, sans que le tablier gêne les mouvements. Outre le tablier, plusieurs forgerons portaient de simples chaussures ou bottes de travail en cuir. Ils attachaient souvent leurs cheveux ou portaient un simple bonnet de laine afin d’éviter que la transpiration ou les mèches ne leur tombent dans les yeux.
« Forgeron au travail. Barkerville [Colombie-Britannique] 2006 », photo de Steve Sarjola (Wikimedia Commons)
Les grands sites sidérurgiques du Québec (1730–XXe siècle)
De l’époque coloniale française à l’ère industrielle, les sites sidérurgiques — c’est-à-dire liés à la production et à la transformation du fer — du Québec ont joué un rôle crucial dans l’économie, l’approvisionnement militaire et le développement technologique. Si certains sont aujourd’hui préservés, plusieurs ont disparu ou ne subsistent que sous forme de vestiges archéologiques. Vous trouverez ci-dessous une sélection de forges et de centres sidérurgiques d’importance historique, datant du XVIIIe au XXe siècle.
Forges du Saint-Maurice
Fondées en 1730 près de Trois-Rivières, les Forges du Saint-Maurice furent la première grande entreprise sidérurgique de la Nouvelle-France et marquèrent le début de l’histoire industrielle du Canada. Soutenues par la Couronne française, elles avaient été créées afin de réduire la dépendance aux produits sidérurgiques importés et d’approvisionner la colonie en outils, en armes et en matériaux de construction essentiels. À la fin des années 1730, le site s’était développé en un complexe industriel complet, doté d’un haut fourneau et de forges. Malgré des difficultés techniques et financières au départ, les Forges acquirent par la suite une importance stratégique en fournissant du fer à usage civil ainsi qu’aux chantiers navals français.
« Forges du Saint-Maurice, vers 1845 », dessin du capitaine Pigott (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Les ordonnances visant les ouvriers des Forges du Saint-Maurice reflétaient l’importance stratégique de l’entreprise. Principale source de fer de la colonie, fournissant des outils, des matériaux de construction et du matériel militaire, les Forges étaient exploitées sous l’étroite supervision du gouverneur et de l’intendant. La main-d’œuvre qualifiée était rare et difficile à retenir, ce qui conduisait à l’adoption de règlements limitant la liberté de mouvement des travailleurs et interdisant les départs non autorisés. Par ailleurs, l’isolement de ce centre industriel exigeait un contrôle strict de la vente d’alcool et de la chasse afin de maintenir l’ordre et la discipline.
Les ordonnances suivantes furent émises sous l’autorité du gouverneur et lieutenant général Charles de La Boische, marquis de Beauharnois :
« Ordonnance qui fait défenses aux ouvriers des Forges de Saint-Maurice de s’absenter du lieu sans la permission expresse du sieur Olivier de Vezain, directeur desdites forges, ou en son absence du sieur Simonnet, et de sortir de la colonie sans un congé de l’intendant, à peine contre ceux qui entreprendront de passer en France sans congé de deux cents livres d’amende et de tous les dépens, dommages et intérêts des intéressés aux Forges de Saint-Maurice, et contre ceux qui oseraient entreprendre de passer aux colonies anglaises de cinq cents livres d’amende et de punition corporelle. » (16 septembre 1737)
« Ordonnance qui fait défenses à tous ouvriers des Forges de Saint-Maurice et à toutes autres personnes dudit lieu de tenir cabaret ni vendre vin, eau-de-vie et guildive, tant en argent qu’en échange de denrées ou marchandises et hardes aux autres ouvriers ni aux Sauvages directement ou indirectement sous quelque prétexte que ce puisse être, à peine de cent livres d’amende pour la première fois et de punition corporelle en cas de récidive. Permis toutefois au sieur Perrault, qui tient le magasin des Forges de Saint-Maurice, de vendre aux ouvriers du vin et autres boissons pour leurs besoins seulement. » (12 janvier 1740)
« Ordonnance qui fait très expresses inhibitions et défenses aux forgerons et autres ouvriers employés dans les Forges de Saint-Maurice d’aller à la chasse dans les bois des environs desdites Forges, à peine contre les contrevenants de dix livres d’amende pour la première fois, payable sans déport, et de punition corporelle en cas de récidive. » (22 avril 1746)
Après la conquête britannique de 1760, les Forges poursuivirent leurs activités sous une nouvelle administration et connurent un âge d’or de productivité à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Des locataires privés, notamment Mathew Bell, assurèrent plusieurs décennies de prospérité, le site fournissant des produits en fonte et en fer forgé — tels que des poêles, des outils agricoles et des boulets de canon — aux communautés en pleine expansion du Québec. À son apogée, le complexe alimentait un village industriel florissant de plus de 400 habitants et devint un symbole d’autonomie économique et de savoir-faire artisanal local.
« Reconstruction de la Grand'Maison des Forges du Saint-Maurice », tableau de Léonce Cuvelier, 1940 (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Au milieu du XIXe siècle, toutefois, les nouvelles technologies et la concurrence rendirent les opérations fondées sur le charbon de bois de plus en plus désuètes. Malgré des tentatives de modernisation, les Forges ne purent suivre le rythme des progrès industriels et cessèrent finalement leurs activités en 1883. Au XXe siècle, le site fut préservé, puis fouillé, avant d’être désigné lieu historique national. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent explorer des structures reconstruites ou d’origine, des expositions muséales et des vestiges archéologiques qui retracent l’histoire des premières forges du Canada.
Les forges du Saint-Maurice, tableau de Henry Richard S. Bunnett, 1886 (Musée McCord Stewart)
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice (© La Généalogiste franco-canadienne)
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice (© La Généalogiste franco-canadienne)
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice (© La Généalogiste franco-canadienne)
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice (© La Généalogiste franco-canadienne)
Note sur les sources : Les sections suivantes reprennent en grande partie les recherches de l’historien André Bérubé, telles que publiées dans l’article « Les Forges du Saint-Maurice : au début était le fer…. » de Roch Samson.
Forges de Batiscan (Sainte-Geneviève-de-Batiscan, 1798–1814)
Fondées en 1798 à environ dix kilomètres en amont de la rivière Batiscan, depuis le fleuve Saint-Laurent, les Forges de Batiscan constituaient une entreprise de la fin du XVIIIe siècle destinée à rivaliser avec les Forges du Saint-Maurice. Créée par un groupe de marchands et de seigneurs anglo-québécois (dont Thomas Coffin et John Craigie), la Compagnie des Forges de Batiscan calquait étroitement son mode de fonctionnement sur celui des Forges du Saint-Maurice. Elle fabriquait des articles ménagers en fer très recherchés, tels que des chaudrons, des plaques de cuisinière, des bouilloires et des poêles en fonte. Les Forges connurent des difficultés financières, confrontées à la concurrence du fer britannique importé, et ne parvinrent jamais à se dégager de leurs lourdes dettes. La production cessa en 1814 sous le poids de la faillite, faisant de Batiscan un site éphémère mais historiquement important, puisqu’il s’agissait du premier grand établissement sidérurgique à briser le monopole de Saint-Maurice au Québec.
Forges Radnor (Radnor/Fermont, 1854–1910)
Ouvertes en 1854 dans la paroisse de Saint-Maurice (au nord de Trois-Rivières), les Forges Radnor constituaient un complexe industriel pionnier du milieu du XIXe siècle. Elles furent fondées par l’entrepreneur Auguste Larue, l’avocat J. -E. Turcotte et le financier britannique George Benson Hall. Le site, connu sous le nom de Forges Radnor ou « Fermont » (à ne pas confondre avec la ville moderne), comprenait un haut fourneau alimenté au charbon de bois ainsi qu’un village industriel d’environ trente maisons ouvrières formant la communauté de Radnor/Fermont.
Billet d’un dollar (monnaie privée) émis par les Forges Radnor le 1er mai 1857 (Musée de la Banque du Canada, no d’objet 1973.0112.00095.000)
Radnor devint rapidement l’une des forges les plus productives du Canada. Un contemporain décrivit son fourneau comme « un gigantesque Vésuve » déversant de la fonte en fusion. La production débuta à six tonnes par jour, pour atteindre plus tard quarante tonnes — soit le niveau le plus élevé parmi les sites sidérurgiques canadiens de l’époque. Radnor coula des roues pour les premiers wagons de chemin de fer canadiens (notamment pour le Grand Trunk et le Canadien Pacifique) et produisit des poêles à deux ponts, des casseroles et divers articles en fer.
L’entreprise fit vivre plusieurs générations de familles locales et contribua à la transition du Québec vers l’ère du chemin de fer. Toutefois, Radnor fut confrontée à une sous-capitalisation chronique, à des incendies dévastateurs et à des ralentissements économiques. Elle connut plusieurs faillites et changements de propriétaire. En 1910, ses activités cessèrent, les méthodes modernes de fabrication de l’acier ayant pris le relais et les subventions gouvernementales ayant été retirées. Le site fut démoli en 1916.
Forges de L’Islet (Mont-Carmel, 1856–1878)
Les Forges de L’Islet constituaient une forge du milieu du XIXe siècle construite le long de la rivière L’Islet, dans la paroisse de Mont-Carmel, près de Trois-Rivières. Elles furent fondées en 1856 par deux familles d’entrepreneurs, les Dupuis et les Robichon, qui avaient travaillé aux anciennes Forges du Saint-Maurice. Un haut fourneau alimenté au charbon de bois y fut installé afin de produire de la fonte, laquelle approvisionnait leur fonderie et leur atelier de machines agricoles à Trois-Rivières.
En 1871, un petit village industriel s’était formé autour de la forge, abritant quarante-deux familles. Toutefois, L’Islet connut des difficultés financières dès ses premières années. À court de capitaux, les fondateurs vendirent la forge en 1863 à John McDougall, homme d’affaires et ancien directeur des Forges du Saint-Maurice. Celui-ci fit construire un tramway de six kilomètres, sur rails de bois, jusqu’à la rivière Saint-Maurice afin de faciliter le transport du fer par bateau. Malgré ces améliorations, la récession mondiale des années 1870 et la chute des prix du fer eurent raison de l’entreprise. Le haut fourneau fut éteint en 1878 et les activités cessèrent.
Forges Saint-Joseph de Saint-Tite (comté de Mékinac, 1868–1872)
Au cours des années 1860, alors que l’on recherchait de nouveaux gisements de fer au Québec, l’entrepreneur Auguste Larue (après avoir travaillé à Radnor) lança une forge à Saint-Tite, dans la région de la Mauricie. Fondées en 1868, les Forges Saint-Joseph furent construites sur la petite rivière Mékinac, au sud du village. Larue souhaitait exploiter le minerai de fer des marais ainsi que les forêts de feuillus locales. En 1870, un haut fourneau alimenté au charbon de bois entra en service et produisait de la fonte brute, principalement destinée aux fonderies du Nouveau-Brunswick. Une petite colonie se forma rapidement : en 1871, le site comptait douze maisons et environ soixante-quinze travailleurs, une exploitation remarquable compte tenu de son isolement.
Toutefois, comme à L’Islet, l’entreprise demeurait sous-financée et eut une existence brève. La société de Larue fit faillite en quelques années, probablement en raison d’un capital insuffisant et d’une gestion déficiente. En 1872, une catastrophe survint lorsque le haut fourneau et la résidence de Larue furent détruits par un incendie, vraisemblablement d’origine criminelle, allumé par des ouvriers impayés. Le site en ruines fut racheté par George Benson Hall (de Radnor), qui acquit les terres forestières, mais ne reconstruisit jamais les installations. Les Forges de Saint-Tite ne reprirent pas leur production après 1872.
Forges Grondin (Saint-Boniface-de-Shawinigan, 1878–1881)
En 1878, Hyacinthe Grondin fonda les Forges Grondin à Saint-Boniface dans l’espoir de relancer l’économie locale. Financée par une centaine de petits actionnaires, dont plusieurs apportaient leur travail plutôt que des capitaux, l’entreprise fit construire un haut fourneau alimenté au charbon de bois. Toutefois, la fusion échoua rapidement : le minerai, riche en titane, provoqua la solidification du métal en fusion à l’intérieur du fourneau, qui dut être ouvert au début de 1879. L’entreprise fit faillite la même année. Deux maîtres de forges expérimentés tentèrent de relancer l’exploitation en 1880, mais les mêmes problèmes liés au minerai entraînèrent une fermeture définitive en 1881. Malgré cet échec, les Forges Grondin demeurèrent un site historique important, puisqu’elles constituaient le dernier haut fourneau au charbon de bois du Québec. Leur structure de pierre, partiellement conservée, resta debout et fut reconnue comme site patrimonial provincial.
Compagnie des Mines de Moisie (rivière Moisie, Sept-Îles, 1867–1875)
Alors que la plupart des forges historiques se trouvaient dans le sud-ouest du Québec, la Compagnie des Mines de Moisie se distinguait par son emplacement isolé sur la Côte-Nord. Il s’agissait de la première entreprise sidérurgique de la région et d’un précurseur du développement minier local. Pendant la guerre de Sécession, du sable ferrugineux (magnétite) fut découvert sur les plages près de l’embouchure de la rivière Moisie, à proximité de l’actuelle ville de Sept-Îles. En 1867, un groupe d’hommes d’affaires, dont Henry Thomas, William Molson et Louis Labrèche, fonda la Compagnie des Mines de Moisie, rejoints par des personnalités politiques telles que Luc Letellier de Saint-Just et Rodolphe Laflamme. Des installations furent construites sur la rive est de la rivière et les activités commencèrent la même année sous le nom de « Moisie Iron Company ».
L’entreprise prit rapidement de l’ampleur, employant des centaines de personnes et donnant naissance au village de Saint-Vital-de-Moisie, qui compta jusqu’à 600 habitants. Les travailleurs extrayaient le fer en séparant magnétiquement le sable noir, puis en le fondant dans des forges catalanes alimentées au charbon de bois ainsi que dans de petits hauts fourneaux, chacun produisant environ trois tonnes de fer par jour. La magnétite titanifère était vendue principalement à des fonderies américaines, expédiée par goélette et par chemin de fer vers la Nouvelle-Angleterre, tandis qu’une partie était envoyée à Montréal. Malgré son succès initial, les activités cessèrent en 1875 en raison de la hausse des coûts, de l’épuisement des réserves de charbon de bois, de problèmes liés à la qualité du minerai et d’une forte augmentation des droits de douane américains, qui anéantit son principal marché d’exportation. Le village se dispersa et il n’en resta par la suite que quelques vestiges archéologiques.
Sites patrimoniaux de la forge à visiter au Québec
Outre les célèbres Forges du Saint-Maurice, le Québec compte plusieurs autres sites historiques qui mettent en valeur la forge traditionnelle et qui peuvent être visités. On y trouve notamment des forges rurales restaurées, des musées de forge en activité ainsi que des villages historiques reconstitués.
Forge-Menuiserie Cauchon (La Malbaie, Charlevoix)
La Forge-Menuiserie Cauchon est une forge et un atelier de menuiserie du XIXe siècle, préservés avec leur équipement d’origine. Construite en 1882 par le forgeron du village, Joseph Cauchon, elle faisait partie d’un petit complexe industriel comprenant une scierie, un moulin à farine, une carderie et une usine de rabotage, sur les rives de la rivière Malbaie. Le site est classé monument historique depuis 1983. Les visiteurs peuvent découvrir la forge restaurée, admirer des outils et des machines d’époque et assister à des démonstrations de forge sur place.
Forge à Pique-Assaut (Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans)
La Forge à Pique-Assaut est une forge en activité et un écomusée qui perpétue l’art du forgeron. Fondée en 1977 par le maître forgeron Guy Bel, elle a été construite selon des techniques traditionnelles et à l’aide d’outils centenaires. Les visiteurs peuvent y assister au travail du fer : ils observent le forgeron chauffer le métal dans le feu de charbon de bois et le marteler sur l’enclume pour façonner des outils, de la quincaillerie ou des objets d’art. Le site fait également office de centre d’interprétation ; des expositions et des visites guidées y dévoilent les « secrets du fer.
Les Forges de Montréal (Montréal)
Au cœur de Montréal, Les Forges de Montréal constituent un lieu patrimonial unique, un atelier consacré à la forge traditionnelle. Leur mission est de préserver et de transmettre le savoir-faire du forgeron en milieu urbain. Des forgerons qualifiés y travaillent et offrent des démonstrations en direct de techniques, telles que le forgeage, le soudage et le façonnage du métal à l’enclume. Le centre organise régulièrement des activités familiales, des ateliers pratiques et des événements spéciaux où petits et grands peuvent s’essayer au marteau ou fabriquer un petit objet en fer sous supervision. Les Forges de Montréal ont même joué un rôle important dans la restauration de Notre-Dame de Paris. Sous la direction du maître forgeron et taillandier Mathieu Collette, l’atelier forgea soixante haches historiquement fidèles en quatre mois, fournissant aux charpentiers les outils précis nécessaires à la reproduction des marques du XIIIe siècle apposées sur la charpente en chêne de la cathédrale.
Musée de la poste et Boutique de forge (Saint-Marc-de-Figuery, Abitibi)
Niché au cœur de l’Abitibi-Témiscamingue, le Musée de la poste et Boutique de forge est un petit site patrimonial qui met en valeur deux piliers de la communauté paroissiale des années 1920 : le bureau de poste et la forge. On y découvre l’atelier du forgeron, avec son enclume, sa forge et ses outils anciens, et l’on apprend comment il ferrait les chevaux, réparait les outils agricoles et fabriquait la quincaillerie en fer indispensable à la vie quotidienne. La collection comprend des objets forgés à la main ainsi que des souvenirs postaux, offrant un aperçu concret de la vie villageoise des années 1920.
Village Québécois d’Antan (Drummondville, Centre-du-Québec)
Le Village Québécois d’Antan est un village historique vivant qui recrée un village québécois typique du XIXe et du début du XXe siècle, comprenant notamment une forge en activité parmi ses nombreux bâtiments patrimoniaux. Situé à Drummondville, ce musée à ciel ouvert regroupe plus de soixante-dix bâtiments authentiques ou reconstitués (maisons, boutiques, fermes et ateliers), animés par des interprètes costumés qui transportent les visiteurs entre 1810 et 1930. À la forge, un forgeron en costume d’époque fait la démonstration de la fabrication artisanale d’outils, de clous et de fers à cheval, au foyer d’une forge alimentée au charbon de bois, comme autrefois.
Le forgeron canadien à l’ère moderne
Le rôle du forgeron évolua à mesure que le Québec et le reste du Canada passaient d’une société coloniale et agraire à une nation industrielle. À la fin du XIXe siècle, les usines produisaient des articles en fer et en acier à grande échelle, réduisant ainsi le besoin de fabriquer des outils localement. Les forgerons s’adaptèrent en se tournant vers le ferrage des chevaux, la réparation d’équipements, les travaux ferroviaires ou le forgeage industriel. Dans les petites villes, la forge demeura un élément familier jusqu’au milieu du XXe siècle. Bien qu’elle ne fût plus au centre de la vie quotidienne comme en Nouvelle-France, la forge persiste aujourd’hui à la fois comme artisanat patrimonial et comme métier spécialisé.
Forge derrière la douane, Saint John, Nouveau-Brunswick, vers 1880-1890 (Wikimedia Commons)
M. et Mme McDougall à la forge de Drummondville, vers 1895, photo de Charles Howard Millar (Musée McCord Stewart)
Les forgerons Joseph Tremblay et son fils, Paul Hemel Tremblay, Les Éboulements, vers 1900 (Musée McCord Stewart)
Forge du pavillon Workman, Université McGill, Montréal, vers 1901 (Musée McCord Stewart)
Atelier de forgeron, Canal Chambly, 1904 (Bibliothèque et Archives Canada)
Intérieur de l’atelier Jolly Blacksmith, Ottawa, 1906 (Bibliothèque et Archives Canada)
Atelier de forgeron, Canal Carillon, 1922 (Bibliothèque et Archives Canada)
« Charles Holmes, forgeron, Angus Shops, Montréal », vers 1940, carte postale du Canadien Pacifique, dessinée par Kathleen Shackleton (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Le forgeron répare une roue, Saint-Pierre -de-l’Île-d’Orléans, vers 1950, photo de George A. Driscoll (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)
Le forgeron Henry Phillips dans son atelier, vallée de Margaree, île du Cap-Breton, Nouvelle-Écosse, vers 1971-1979, photo de George C. Thomas (Crédit : fonds George C. Thomas / Bibliothèque et Archives Canada / e999928036-u)
Henry La Fort, forgeron, La Pointe, Chéticamp, île du Cap-Breton, Nouvelle-Écosse, vers 1971-1979, photo de George C. Thomas (Crédit : fonds George C. Thomas / Bibliothèque et Archives Canada / e999928036-u)
À la rencontre de Mathieu Collette, forgeron artisanal à Montréal :
Le Téléjournal nous fait découvrir la Forge à Pique-Assaut à l’Île-d'Orléans :
Liste de forgerons connus (avant 1800) :
Pierre Aubert, Pierre Austin dit Marineau, Louis Badayac dit Laplante, Louis Beaudry, Antoine Beaumont, Pierre Beaupré, Pierre Beausoleil, Guillaume Jean Baptiste Berlinguet, Joseph Bisson, Thomas Blondeau, Guillaume Boily, André Bouchard, Jean Bouchard dit Lavallée, Joseph Bouchard dit Lavallée, Henri Bouchaud, Charles Brosseau, Antoine Bouton, Antoine Brousseau, François Brousseau, Jean Baptiste Brunet, Joseph François Buisson dit Brisson, Étienne Campeau, Louis Carpentier, Michel Castonguay, Jacques Cavelier, Ambroise Cazal dit Lalime, François Chamard, Jean Baptiste Chamard, Michel Chamard, Pierre Chamard, Étienne Chamberland, Pierre Charron, Pierre Cheval, Paul Chicoine dit Dozois, Jean Coitou dit Saint-Jean, André Corbin, Richard Corbin, Louis Corriveau, Jean Cotton dit Fleurdépée, François Côté/Costé, Louis Crépeau, Henri Crête, Pierre Day, Louis Decotret, Jean Delaunay, Paul Desforges dit Saint-Maurice, Pierre Deslauriers, Jacques Diel, Charles Drolet, Jean François Dubé, Pierre Dubreuil, Claude Dudevoir, Philippe Dudevoir, Nicolas Dulude, Jean Baptiste Dupras, Antoine Durozeau/Rouzeau, Joseph Fagot, Pierre Foureur dit Champagne, Antoine Garnier, Louis Gaubert, Louis Gauthier dit Larouche, Nicolas Gendron, Nicolas Geoffroy, Augustin Gilbert, Jean Baptiste Gilbert, François Girard, Jacques Girard, Jean Baptiste Gourdon dit Lachasse, Étienne Griault dit Larivière, Michel Guay, Jacques François Guénet, Jean Guénet, Joseph Guyon, François Henry, Charles Héon, Joseph Hévé, Joseph Houle, Nicolas Huet dit Dulude, Christophe Janson dit Lapalme, Louis Jean dit Denis, François Jobin, Pierre Jobin, Michel Lacombe, François Laframboise, Michel Laroche, Étienne Laroche dit Saint-Côme, Pierre Larrivée, Pierre Latour, Augustin Laveau, Charles Laveau, Louis Lefebvre, Claude Legris, François Legris, Joseph Legris, Paul Lemay dit Delorme, Joseph Lépine, Jean François Létourneau, Jacques Lyonnais, Jean Maclure, Benjamin Mailloux, Pierre Mailloux, Gabriel Maranda, Louis Marcoux, Henri Mongeon, Joseph Moïse Morin dit Chênevert, Charles Nolin, Charles Normand, Louis Normand Brière, Pierre Normandeau dit Deslauriers, Joseph Ouellet, Jean Baptiste Paquet, Joseph Paquet, Joseph Parent, Louis Parent, Pierre Payment, Étienne Pelletier, Julien Pépin, Jean Baptiste Pitalier, Amable Pratt, Claude Rancourt, François Rose, André Roy, Ignace Roy, Augustin Saint-Sauveur dit Lécuyer, Joseph Sénécal, Antoine Tessier dit Lavigne, René Toupin (father and son), Jean Baptiste Trudeau, Charles Turgeon, Guy Vacher dit Lacerte, Antoine Vermet, Nicolas Vermet dit Bourguignon, Pierre Vézina.
Liste de maîtres forgerons connus (avant 1800) :
Nicolas Amiot, Pierre Bastien, François Bédouin, Guillaume Berlinguet, Jacques Bossu dit Lyonnais, Michel Bossu dit Lyonnais, Jean Bouchard dit Lavallée, Jean Boucher, Pierre Bouvet, Charles Brousseau, Jean Baptiste Brunet, Étienne Campeau, Jacques Campeau, Jean Baptiste Chamard, André Corbin, François Couture, Louis Crépault, Jacques Diel, Guillaume Dupont, Jean Baptiste Dupras, Laurenz Ermatinger, Augustin Gilbert, Jean Baptiste Gilbert, Jacques Girard, Étienne Griault dit Larivière, François Jobin, Jean Lefebvre, Ignace Lefrançois, Prisque Lefrançois, Jacques Lyonnais, Benjamin Mailloux, Henri Mongeon, Michel Morin, Pierre Normandeau, Joseph Pageot, Jean Baptiste Paquet, Félix Parent, François Parent, Joseph Parent, Jean Baptiste Pitalier, Jean Poulin, Charles Racicot, Joseph Rainville, Claude Rancourt, Étienne Rancourt, Joseph Sénécal, Guillaume Tailleur dit Versailles, Jean Toupin, René Toupin, Michel Vallée, Nicolas Vermet dit Bourguignon, Antoine Vézina, Pierre Vocelle.
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Bibliographie :
Nicole Bédard, « La Forge à Pique-Assaut a 40 ans », Autour de l’île (https://autourdelile.com/2016/08/la-forge-a-pique-assaut-a-40-ans/ : consulté le 11 févr. 2026), publié le 6 août 2016.
Musée canadien de l’histoire, « Population : Groupes sociaux », Musée virtuel de la Nouvelle-France (https://www.historymuseum.ca/virtual-museum-of-new-france/population/social-groups/ : consulté le 27 janv. 2026).
Colonial Williamsburg, The Blacksmith in Eighteenth-Century Williamsburg, édité par Thomas K. Ford (Williamsburg, 1978), numérisé par Project Gutenberg (https://www.gutenberg.org/files/58318/58318-h/58318-h.htm : consulté le 27 janv. 2026).
Philippe Fournier, La Nouvelle-France au fil des édits (Septentrion, Québec : 2011).
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice, « Le fer de la Nouvelle-France », Parcs Canada (https://parcs.canada.ca/lhn-nhs/qc/saintmaurice/culture/histoire-history/site/fer-iron : consulté le 10 févr. 2026).
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice, « Désignation », Parcs Canada (https://parcs.canada.ca/lhn-nhs/qc/saintmaurice/culture/histoire-history/designation : consulté le 10 févr. 2026).
Roch Samson, « Les Forges du Saint-Maurice : au début était le fer…. », Continuité, no 70, p. 23–25, 1996, numérisé par Érudit (https://www.erudit.org/fr/revues/continuite/1996-n70-continuite1055277/17162ac.pdf : consulté le 12 févr. 2026).
« Blacksmith’s Trade in the Province of Quebec », Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française (https://www.ameriquefrancaise.org/en/articles/blacksmiths-trade-province-quebec : consulté le 27 janv. 2026).
« Forge-menuiserie Cauchon », Répertoire du patrimoine culturel du Québec (https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=92589&type=bien : consulté le 11 févr. 2026).
« Guide to Colonial Blacksmith Clothing (What Did They Wear?) », Working the Flame (https://workingtheflame.com/colonial-blacksmith-clothing/ : consulté le 11 févr. 2026), publié le 11 oct. 2019.
« Le site archéologique des anciennes forges de Moisie-est (EbDm-4) », Yumpu (https://www.yumpu.com/fr/document/view/17239996/le-site-archeologique-des-anciennes-forges-de-moisie-est-ebdm-4 : consulté le 12 févr. 2026), basé sur le livre Les forges de Moisie-est : 1875-1975 de Laure Laurier-Bourdages.
« Musée de la poste et Boutique de forge », Bonjour Québec (https://www.bonjourquebec.com/en-us/listing/to-see-and-do/musee-de-la-poste-et-boutique-de-forge/0p3w : consulté le 11 févr. 2026).
« Notre histoire », Embouteillage – Breuvages Radnor Ltée. (https://radnor.ca/notre-histoire/ : consulté le 12 févr. 2026).
« Site archéologique des Forges-Grondin », Parcs Canada, Lieux patrimoniaux du Canada (https://www.historicplaces.ca/fr/rep-reg/place-lieu.aspx?id=15241 : consulté le 12 févr. 2026).