Contact Us / Contactez nous

         

123 Street Avenue, City Town, 99999

(123) 555-6789

email@address.com

 

You can set your address, phone number, email and site description in the settings tab.
Link to read me page with more information.

Robert Boullay & Françoise Grenier

Cette biographie retrace la vie de Robert Boullay (également mentionné sous les formes Boulay, Boulet et Boulé) et de Françoise Grenier (ou Garnier), des colons originaires du Perche, en France, qui s’établissent en Nouvelle-France au XVIIe siècle. Elle suit leur migration vers le Québec, leur établissement sur l’Île-d’Orléans et dans la seigneurie de la Rivière-du-Sud, ainsi que le développement de la famille Boullay au Canada.

Click here for the English version

Robert Boullay & Françoise Grenier

Du Perche à la Nouvelle-France

 

Robert Boullay naît vers 1631 en France. Son nom apparaît également dans les documents sous les formes Boulay, Boulet, Boulé et d’autres variantes phonétiques.  

Un enfant prénommé Robert Boullay, fils de Marin Boullay et de Charlotte Grattesac, est baptisé le 18 mai 1631 dans la paroisse de Saint-Martin à Réveillon, dans le Perche, en France [actuel département de l’Orne]. Marin Boullay, qui aurait été sieur des Marais, est le fils du marchand Marin Boullay et de Madeleine Creste. Étant donné que l’immigrant canadien Robert Boullay est laboureur lorsqu’il quitte la France, certains chercheurs traitent cette filiation avec prudence. Dans la France du XVIIe siècle, un laboureur appartient généralement à une classe rurale modeste, tandis qu’un marchand — et en particulier un marchand associé à un titre seigneurial tel que « sieur des Marais » — occupe une position sociale et économique plus élevée. Bien qu’une telle transition ne soit pas impossible, elle serait normalement appuyée par des preuves documentaires. Dans ce cas précis, aucun document français ou canadien ne relie l’immigrant à cette famille. Malheureusement, aucun document connu n’indique son lieu de naissance précis ni ne mentionne le nom de ses parents.  

Baptême de Robert Boullay en 1631 (Direction des archives et du patrimoine culturel de l’Orne)

Françoise Grenier (ou Garnier) naît vers 1637 dans la paroisse de Saint-Germain à Loisé, dans le Perche, en France. On ignore le nom de ses parents. Aujourd’hui, Loisé fait partie de Mortagne-au-Perche, dans le département de l’Orne.

Robert et Françoise se marient le 11 janvier 1657 à l’église Saint-Pierre de Bivilliers, dans le Perche. Parmi les témoins figurent Gilles Garnier, Jean Juchereau, Denis Le Saisy, Madame des Moulineaux et Marie Juchereau. En 2016, Bivilliers, qui compte alors moins de 100 habitants, est rattaché à la commune de Tourouvre-au-Perche, dans le département de l’Orne.

Mariage de Robert « Boullay » et Françoise « Garnier » en 1657 (Direction des archives et du patrimoine culturel de l’Orne)

Église Saint-Pierre à Bivilliers (photo de Unozoe, Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0)

Robert et Françoise font baptiser deux de leurs enfants en France : Jacquine (ou Jacqueline), baptisée en 1659 à Loisé, et Jean, baptisé en 1661 à Coulimer (il décède avant le départ de la famille pour la Nouvelle-France).

Le couple a au moins onze enfants :

  1. Jacqueline (1659–1736)

  2. Jean (1661–avant 1662)

  3. Jacques (1664–1738)

  4. [anonymous] (ca. 1666–ca. 1666)

  5. Jean Baptiste (1667–avant 1681)

  6. Pierre (1669–1689)

  7. Marie (1670–1670)

  8. Martin (1672–1728)

  9. Marie Françoise (1674–1751)

  10. Paul (1677–1736)

  11. Jean (ca. 1679–après 1681)

Lieux liés à la famille Boullay en France (Mapcarta)

Localisation de Tourouvre en France (Mapcarta)


La traversée de l’Atlantique

En juin 1662, Robert, Françoise et leur fille Jacqueline rejoignent la ville portuaire de La Rochelle, dans l’ouest de la France. Là, ils reconnaissent devoir 20 livres à Charles Turgeon pour les frais de voyage de Mortagne à La Rochelle, étant « près de s’embarquer pour aller au Canada ». Cette obligation est enregistrée par le notaire Pierre Moreau.

Depuis La Rochelle, la famille embarque probablement à bord de l’Aigle d’Or ou du Saint-Jean-Baptiste, en compagnie de 300 autres passagers, pour arriver à Québec plus tard dans l’année.

Le port de La Rochelle, 2023 (© La Généalogiste franco-canadienne)

Nous ne savons pas où la famille Boullay s’installe immédiatement après son arrivée. La première mention de cette famille au Canada remonte au 6 février 1664, à l’occasion du baptême de leur fils Jacques à Château-Richer.


Établissement sur l’Île-d’Orléans

En 1663, Charles de Lauson, seigneur et prêtre, accorde à Robert une concession foncière dans la seigneurie de Liret, sur la rive nord de l’Île d’Orléans, dans la paroisse de Sainte-Famille. La terre, mesurant trois arpents de front donnant sur le fleuve Saint-Laurent, est située entre la terre de l’habitant Pierre Boucher et celle du cordonnier Pierre Roche. Robert s’engage à verser annuellement vingt sols par arpent de front en rente seigneuriale, douze deniers par arpent de front en cens, ainsi que deux chapons vifs le jour de la Saint-Rémy. Une copie de l’acte, rédigée par le notaire Paul Vachon le 6 mars 1664, confirme l’octroi de cette terre.

Première page de la concession foncière accordée à Robert « Boulay » en 1664 (Bibliothèque et Archives nationales du Québec) [copie]

Deuxième page de la concession foncière accordée à Robert « Boulay » en 1664 (Bibliothèque et Archives nationales du Québec) [copie]

En 1666, Robert et Françoise figurent dans le recensement de la Nouvelle-France ; ils vivent sur l’Île d’Orléans avec leurs trois enfants.

Recensement de 1666 en Nouvelle-France concernant la famille « Boullay » (Bibliothèque et Archives Canada)

La famille figure également dans le recensement de la Nouvelle-France de 1667, toujours sur l’Île d’Orléans. Elle possède six arpents de terre « en valeur » (défrichées ou en culture) et cinq bestiaux.

Recensement de 1667 en Nouvelle-France concernant la famille « Boullay » (Bibliothèque et Archives Canada)

Le 26 février 1669, François de Laval, évêque de Pétrée, vicaire apostolique en Nouvelle-France et seigneur de Beaupré et de l’Île d’Orléans, accorde à Robert une concession foncière dans la paroisse de Saint-Jean, sur la rive sud de l’Île d’Orléans. La terre, mesurant trois arpents de front donnant sur le fleuve Saint-Laurent, est située entre les terres de Nicolas Audet dit Lapointe et de Pierre Michel, et est délimitée par « la routte qui traversera ladicte Isle de pointe en pointe ». Robert s’engage à payer annuellement vingt sols par arpent de front en rente seigneuriale, douze deniers par arpent de front en cens, ainsi que deux chapons vifs (ou trente sols chacun) le jour de la Saint-Martin. Il s’engage également à faire moudre son grain au moulin seigneurial.  

Les deux concessions foncières de Robert Boullay (en bleu) sur l’Île-d’Orléans (Google Earth) ; coordonnées exactes fournies par Nico Lefrançois pour le Projet Patrimoine Québec

Le 25 novembre 1670, Robert vend sa terre située dans la paroisse de Sainte-Famille, sur l’Île d’Orléans, à Jean Galeran Boucher pour la somme de 400 livres. Boucher s’engage à prendre en charge les paiements futurs de la rente seigneuriale et du cens. 

Le 19 novembre 1675, Robert et Françoise vendent leur terre située dans la paroisse de Saint-Jean, sur l’Île d’Orléans, à leur voisin Pierre Mourier pour 165 livres et « une paire de Soulliers françois pour ladite garnier, femme dudit vendeur ».

À la suite de ces deux ventes, la famille Boullay quitte l’Île d’Orléans.


Les dernières années à Rivière-du-Sud

Robert et sa famille s’installent ensuite dans la seigneurie de Rivière-du-Sud, bien qu’aucun acte de concession foncière le concernant n’ait été retrouvé.  

En novembre 1681, un nouveau recensement de la Nouvelle-France est effectué. Robert, Françoise et leurs six enfants sont recensés dans la seigneurie de Bellechasse [qui englobe aujourd’hui les territoires de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud et de Montmagny]. Ils vivent près de leur fille Jacqueline, de son mari Pierre Joncas et de leur famille. Robert possède cinq arpents de terre « en valeur », un fusil et six bêtes à cornes. [L’enfant nommé « Robert » dans ce recensement est probablement une erreur ; il s’agit très certainement de Paul.]

Recensement de 1681 en Nouvelle-France concernant la famille « Boullé » (Bibliothèque et Archives Canada)

Illustration générée par l’auteure à l’aide de l’intelligence artificielle, mars 2026 (ChatGPT)

Le 10 juillet 1699, le notaire François Genaple rédige un accord entre Robert et Françoise et leur fils Martin. « Voyant la caducité, vieillesse et Infirmité ou Ils se trouvent, hors d’Etat de pouvoir plus vivre ny Subsister de leur travail ; et N’ayant trouvé autres de leurs enfans ny gendres, qui ait voulu Se charger d’Eux le reste de leurs Jours », les parents conviennent que Martin reprend l’exploitation de leur ferme dans la seigneurie de Rivière-du-Sud. En échange, Martin s’engage à les « nourrir, entretenir, loger, Chaufer, blanchir, Soigner et Secourir les choses necessaires Selon leur Etat ordinaire ».

L’accord prévoit une structure financière selon laquelle Martin verse un loyer annuel de 40 écus pour la ferme, tout en assumant une obligation annuelle nettement plus importante, soit 500 livres pour l’entretien de ses parents. La différence doit être compensée par la valeur des biens mobiliers de ses parents (bétail et marchandises), la terre elle-même servant de garantie si nécessaire. Le contrat stipule également que Martin doit construire une grange et entretenir la propriété, et qu’il renonce à toute réclamation future à l’encontre de ses frères et sœurs découlant de cet arrangement.

Une déclaration préliminaire annexée, enregistrée le même jour, précise les droits de Martin en vertu de l’accord. Bien que le contrat principal prévoie que certaines parcelles de terre puissent servir de garantie pour couvrir tout excédent de coûts liés à la pension, Martin renonce explicitement à toute prétention sur ces terres — en particulier les deux arpents encore détenus par ses parents et les quatre arpents déjà cédés à ses frères, Jacques et Paul Boulet. Il affirme que ces propriétés doivent rester à ses frères et sœurs et être réparties entre eux comme convenu précédemment. Cet acte supplémentaire garantit que la compensation versée à Martin pour l’entretien de ses parents provient uniquement des conditions financières convenues et des biens mobiliers, évitant ainsi tout litige futur concernant les biens immobiliers de la famille.

Cet accord est considéré comme inhabituel et difficile à comprendre, car il s’écarte des arrangements habituels en matière de soutien familial en Nouvelle-France. Bien que le couple ait plusieurs fils adultes, aucun d’entre eux n’accepte d’abord de prendre en charge leurs parents, même lorsqu’on leur propose d’hériter des biens restants. Cette réticence est atypique, puisqu’il est d’usage qu’un enfant — le plus souvent un fils — accueille ses parents âgés en échange de terres ou d’autres biens. L’accord finalement conclu avec leur fils Martin semble prudent et tendu, reflétant sa crainte que cet arrangement ne soit contesté par la suite et laissant entrevoir des tensions familiales ou une certaine méfiance au sein de la famille. 

De plus, les conditions financières du contrat sont déséquilibrées, puisqu’elles impliquent un soutien continu important qui pourrait dépasser la valeur des terres restantes, lesquelles ont déjà été partiellement réparties entre les autres enfants. Contrairement aux arrangements plus courants et plus coopératifs observés dans des contextes similaires, y compris au sein de la génération suivante de la même famille, cet accord témoigne de circonstances familiales et économiques inhabituelles plutôt que d’une disposition courante visant à assurer la prise en charge des personnes âgées.


Décès de Robert et Françoise

Robert Boullay décède à l’âge d’environ 76 ans, le 24 mars 1707, « après avoir reçu les sacremens d’Eucharistie, penitence Et extrem’oction durant le cours de sa maladie ». Il est inhumé le lendemain au cimetière de la paroisse de Saint-Thomas de la Pointe à la Caille [Montmagny].

Sépulture de Robert « Boulé » en 1707 (Généalogie Québec)

Françoise Grenier décède à l’âge d’environ 72 ans, le 28 janvier 1709, après avoir reçu tous les sacrements. Elle est inhumée le lendemain au cimetière paroissial de Saint-Thomas de la Pointe à la Caille. Le prêtre précise : « on lui a chanté une grande messe ».

Sépulture de Françoise Grenier en 1709 (Généalogie Québec)


Une famille établie en Nouvelle-France

Des origines dans le Perche jusqu’aux rives du fleuve Saint-Laurent, Robert Boullay et Françoise Grenier s’inscrivent parmi les premiers colons qui participent à l’établissement de la Nouvelle-France au XVIIe siècle. Sur l’Île-d’Orléans, puis dans la seigneurie de Rivière-du-Sud, ils s’enracinent dans le territoire, exploitent la terre et élèvent une famille nombreuse, dans un contexte marqué par les exigences de la vie rurale et les structures du régime seigneurial. À leur décès au début du XVIIIe siècle, leurs enfants et petits-enfants sont déjà établis dans la région, assurant la continuité des familles Boulay, Boulé et Boulet en Amérique du Nord.

 
 
Robert Boullay & Françoise Grenier (biographie en français en format PDF)
CA$3.99

Version PDF de la biographie qui se trouve à l'adresse suivante : https://www.tfcg.ca/robertboullay-et-francoisegrenier.



Vous appréciez nos articles et nos ressources ? Soutenez-nous en effectuant un don ! Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, nous aide à payer l'hébergement de notre site web et nous permet de produire plus de contenu dédié à la généalogie et à l'histoire du Canada français. Nous vous remercions !

Je donne !
 
 

Bibliographie :