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Louis Robert dit Lafontaine & Marie Bourgery

Découvrez la vie de Louis Robert dit Lafontaine et de Marie Bourgery, ancêtres canadiens-français établis à Boucherville en Nouvelle-France, retraçant leurs origines, la migration depuis la France, le service militaire dans le régiment de Carignan-Salières, et l’expansion de leur famille à travers l’Amérique du Nord.

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Louis Robert dit Lafontaine & Marie Bourgery

Cordonnier, soldat et colon en Nouvelle-France

 

Louis Robert dit Lafontaine, fils d’André Robert dit Lafontaine et de Catherine Bonin, est baptisé le 12 septembre 1638 à la chapelle Sainte-Marguerite de La Rochelle, dans l’Aunis, en France. Son parrain est Louis Basset et sa marraine Lumine [Denesert?].

Baptême de Louis Robert en 1638 (Archives de la Charente-Maritime)

Les parents de Louis, André Robert dit Lafontaine et Catherine Bonin, se marient dans cette même paroisse le 20 février 1629. Ils ont au moins trois autres enfants, tous baptisés à la chapelle Sainte-Marguerite de La Rochelle : Jeanne (baptisée en 1630), René (baptisé en 1633) et Sébastienne (baptisée en 1637). 

Localisation de La Rochelle en France (Mapcarta)

Après la mort de Catherine, André épouse Gillette Guillet, veuve de Jean Beaumont, le 22 juin 1648, dans la chapelle Sainte-Marguerite. Il décède à l’âge de 56 ans et est inhumé à La Rochelle le 5 septembre 1663. André est répertorié comme ancien cabaretier dans le Canton des Forges, au carrefour où la rue du Minage croise la rue Chaudrier, la rue Rambaud et l’actuelle rue Albert 1er. Ce nom témoigne de la présence autrefois d’ateliers de forgerons dans ce quartier de la ville, un secteur lié à l’activité artisanale et commerciale de La Rochelle. L’acte de sépulture d’André mentionne clairement son surnom « dit Lafontaine », confirmant ainsi que son fils Louis n’est pas le premier à l’utiliser.

Les grands-parents paternels de Louis sont Pierre Robert, laboureur, et Léonne Rambault. Ils vivent à Breuilaufa, dans la Marche, où André est né.

La Rochelle, située dans le sud-ouest de la France, fait aujourd’hui partie du département de la Charente-Maritime. Elle compte aujourd’hui environ 80 000 habitants, appelés Rochelais et Rochelaises. Au XVIIe siècle, La Rochelle est l’un des principaux ports français de l’Atlantique et joue un rôle central dans le commerce et les migrations transatlantiques. Elle constitue un point d’embarquement clé pour les colons, les soldats et les engagés à destination de la Nouvelle-France, ce qui en fait une passerelle importante entre la France et sa colonie nord-américaine.

 

La chapelle Sainte-Marguerite est fondée au XIIe siècle par des religieuses prémontrées et devient l’un des édifices religieux les plus importants de la ville pendant les troubles des guerres de Religion. Épargnée par la destruction en 1568, elle est utilisée tour à tour par les catholiques et les protestants et remplit même des fonctions non religieuses pendant les périodes de conflit. Après l’édit de Nantes (1598), elle devient le principal lieu de culte catholique de la ville — remplaçant temporairement les églises paroissiales détruites ou rendues inutilisables — jusqu’au rétablissement progressif de la vie paroissiale après le siège de 1627–1628. Reconstruite en partie vers 1610 et encore modifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles, la chapelle est ensuite associée aux Oratoriens, d’où le nom d’« Oratoire ». Bien qu’elle n’ait jamais été une paroisse à part entière, elle joue un rôle central dans la vie religieuse rochelaise et se distingue par les nombreux baptêmes qui y sont enregistrés, notamment ceux de futurs émigrants vers la Nouvelle-France. Aujourd’hui, le bâtiment subsiste comme lieu laïc connu sous le nom de Salle de l’Oratoire.

L’ancienne chapelle Sainte-Marguerite (photo de Chris06, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)


Un cordonnier en Nouvelle-France

Jeune cordonnier originaire de La Rochelle, Louis quitte probablement la France en 1662, à la recherche d’un avenir économique plus stable et autonome. Même si La Rochelle est un port important, le travail des artisans peut être irrégulier, et sa décision est peut-être influencée par des incertitudes d’ordre financier ou familial. La Nouvelle-France offre un environnement où un artisan qualifié peut trouver une demande régulière, en particulier dans des colonies en pleine expansion qui dépendent des artisans locaux.

Sa décision d’émigrer est également influencée par son environnement : en tant que Rochelais, il est certainement au courant des départs de navires vers le Canada et des possibilités qu’ils représentent. Pour un jeune homme sans perspectives d’héritage certaines, traverser l’Atlantique lui offre la possibilité de se construire une vie selon ses propres conditions, dans une colonie où la main-d’œuvre est recherchée et où l’ascension, tant économique que sociale, est plus accessible qu’en France.


Du cordonnier au soldat en Nouvelle-France

Vers 1665, Louis s’engage dans le régiment de Carignan-Salières, où il sert dans la compagnie de Loubias. En tant qu’artisan civil, il fait face à un marché incertain dans une petite colonie en plein développement. L’enrôlement lui offre un salaire régulier, des rations, des vêtements et un toit, ainsi qu’un rôle bien défini à une époque où l’emploi est précaire. L’arrivée du régiment crée une demande immédiate de main-d’œuvre sur le terrain, et les jeunes habitants de la région constituent des recrues idéales. Le service présente également des avantages à plus long terme. Les soldats ayant terminé leur engagement sont encouragés à rester dans la colonie, où ils ont souvent accès à des terres.

La compagnie de Loubias contribue probablement à la construction et à la garnison d’une chaîne de forts le long de la rivière Richelieu — notamment le fort Richelieu (reconstruit), le fort Saint-Louis (Chambly) et d’autres — destinés à contrôler la principale voie d’invasion entre la Nouvelle-France et le territoire iroquois. Au cours de l’hiver 1665–1666, les troupes sont dispersées entre ces postes, où elles effectuent des patrouilles, assurent le ravitaillement et protègent les établissements voisins.

En 1666, des détachements du régiment de Carignan-Salières participent à deux expéditions en territoire iroquois. Ces campagnes contribuent à imposer la paix en 1667. Après la dissolution du régiment en 1668, de nombreux soldats restent au Canada, où ils reçoivent des concessions foncières et s’intègrent à la société coloniale.

« Officier et soldats du régiment de Carignan-Salières, 1665-1668 », dessin de Francis Back. « Cette reconstitution montre un officier et des hommes du régiment de Carignan-Salières pendant leur service en Nouvelle-France (1665-1668). Les simples soldats à gauche et à droite portent des mousquets. À leurs bandoulières pendent les flacons de poudre appelés “les douze apôtres”. L’officier au centre porte une demi-pique et, autour de sa taille, l’écharpe blanche de l’officier français ». (Passerelle pour l’histoire militaire canadienne)


Marie Bourgery

Marie Bourgery, fille de Jean-Baptiste Bourgery et de Marie Legendre, est baptisée le 10 avril 1654 à Trois-Rivières. Son parrain et sa marraine sont Briset [prénom inconnu] et Marie Lafond.  

Marie grandit à Trois-Rivières avec ses trois frères et sœurs : Pierre, Marie Madeleine et Jean.

Louis et Marie se marient le 25 novembre 1666 à Trois-Rivières. Louis a 28 ans, Marie, 11 ans et demi. Le gouverneur de la région, Pierre Boucher, ainsi qu’Henri de Chastelard de Salières, colonel et commandant du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France, figurent parmi les témoins. Selon l’historien et archiviste Peter J. Gagné, Louis est le seul soldat à avoir le colonel Salières comme témoin à son mariage.

Un contrat de mariage est rédigé par le notaire Séverin Ameau, mais il est malheureusement abîmé et illisible. Nous ne savons donc pas si des dispositions sont prises concernant l’âge de Marie, telles qu’un délai avant la cohabitation, la consommation du mariage ou le début de la vie conjugale. Marie a son premier enfant en août 1671.   

 

Âge légal pour se marier et majorité civile

En Nouvelle-France, l’âge minimum légal pour se marier est de 14 ans pour les garçons et de 12 ans pour les filles. Ces seuils restent inchangés sous le Bas-Canada et le Canada-Est. En 1917, l’Église catholique modifie le droit canon et fixe l’âge minimal à 16 ans pour les hommes et 14 ans pour les femmes. Le Code civil du Québec relève cet âge à 18 ans pour les deux sexes en 1980. Durant toutes ces périodes, les mineurs doivent obtenir le consentement de leurs parents pour se marier.

L’âge de la majorité évolue également. En Nouvelle-France, il est fixé à 25 ans selon la Coutume de Paris. Sous le Régime britannique, il est réduit à 21 ans. Depuis 1972, l’âge de la majorité au Canada est généralement fixé à 18 ans, bien que cela puisse varier légèrement selon les provinces.


En 1667, un an après leur mariage, Louis et Marie figurent dans le recensement de la Nouvelle-France, vivant à Trois-Rivières. Louis a plutôt 29 ans, et non 26. Le couple possède deux bestiaux, mais aucune terre.

Recensement de la Nouvelle-France de 1667 (Bibliothèque et Archives Canada)


Devant les tribunaux à Trois-Rivières

Louis apparaît dans plusieurs documents judiciaires à la fin des années 1660.

Le 11 mai 1667, Jean Crevier, habitant du Cap-de-la-Madeleine âgé d’environ 24 ans, déclare devant la juridiction royale des Trois-Rivières avoir été témoin, vers la mi-hiver, d’une traite d’eau-de-vie avec des Amérindiens sur la rivière des Trois-Rivières. Il affirme avoir vu un sergent, un soldat et Louis Robert dit Lafontaine échanger chacun une chopine d’eau-de-vie contre de la viande. Cette déposition place ainsi Louis parmi les individus directement observés participant à cette pratique. Crevier ajoute que ce type de commerce est courant parmi les soldats en garnison au Cap-de-la-Madeleine. Bien qu’il évoque d’autres incidents impliquant divers individus, le rôle de Louis Robert dit Lafontaine se limite à cette observation précise rapportée dans la déclaration.

Le 21 janvier 1668, Jean Godefroy, sieur de Linctôt, présente une requête devant la juridiction royale des Trois-Rivières contre Louis Robert dit Lafontaine pour le paiement de diverses denrées dues en vertu d’une entente antérieure. La réclamation comprend notamment 12 minots et demi de blé dus à Noël et 12 autres minots et demi à Pâques, ainsi que du blé de semence, des pois, de l’avoine et du foin. Le tribunal ordonne à Louis Robert dit Lafontaine de payer les 12 minots et demi de blé exigibles à Noël. Pour le reste de la dette, les parties doivent s’entendre entre elles, à défaut de quoi elles sont tenues de comparaître de nouveau dans un délai de huit jours.

Le 16 février 1669, Félix Thunay [Tuné], sieur Dufresne, chirurgien, présente une requête devant la juridiction royale des Trois-Rivières afin d’obtenir de Louis Robert dit Lafontaine le paiement de la somme de 12 livres en vertu d’un marché conclu entre eux. Assigné à comparaître, Louis Robert dit Lafontaine ne se présente pas au tribunal. Un défaut est alors accordé au demandeur et doit être signifié au défendeur. Louis Robert dit Lafontaine est de nouveau assigné à comparaître, à défaut de quoi il sera condamné à payer ladite somme.

Le même jour, Claude Jutras dit Lavallée présente une requête devant la juridiction royale des Trois-Rivières contre Pierre Chaperon afin d’obtenir la livraison de six cordes de bois de chauffage. Il déclare avoir déjà fourni, en paiement, trois pots de vin et un pot d’eau-de-vie, remis à Robert Henry, à Louis Robert dit Lafontaine et audit défendeur. Le tribunal condamne Pierre Chaperon à livrer le bois au demandeur. Il est également ordonné que chacun des hommes ayant reçu de la boisson, dont Louis Robert dit Lafontaine, fournisse du bois en proportion de ce qu’il a reçu.


Installation à Boucherville

Louis et Marie s’installent ensuite à Boucherville, où ils ont au moins onze enfants, dont neuf garçons :

  1. Pierre (1671–?)

  2. Joseph (1674–1748)

  3. François (1678–1756)

  4. Marie (1680–1734)

  5. Marie Marguerite (1683–1766)

  6. Prudent (1686–1742)

  7. Jean Baptiste (1688–1748)

  8. Louis (1691–1693)

  9. Louis (1694–1764)

  10. Jacques (1694–1775)

  11. Antoine (1698–1768)

Le 21 novembre 1671, Louis loue une vache à poil noir à Pierre Boucher, seigneur de Boucherville, pour un an, au prix de 120 livres.

La signature de Louis sur l’accord de 1671

Moins d’un mois plus tard, le 16 décembre 1671, Louis et Gilbert Guillemin, tous deux résidents de la seigneurie de Boucherville, échangent leurs habitations et conviennent que chacun sera responsable des cens et rentes seigneuriaux associés à sa nouvelle terre.

Le 4 avril 1673, Pierre Boucher, seigneur de Boucherville, concède à 37 personnes des terres dans la seigneurie de Boucherville, dont Louis. Chaque concession mesure deux arpents de front sur le fleuve Saint-Laurent par 25 arpents de profondeur, assujettis à une rente seigneuriale d’un sol par arpent de front, à deux chapons vifs et à six deniers de cens, payables annuellement à la Saint-Rémy. La terre de Louis est située entre celles de Claude Bourgeault et de Prudent Bougret dit Dufort.

Extrait de la concession de terre de 1673 accordée spécifiquement à Louis Robert dit Lafontaine (FamilySearch)

Le seigneur Boucher regroupe ses habitations dans une enceinte formée de hautes palissades, qu’il appelle « Bourgade », afin de protéger ses censitaires contre les attaques iroquoises. Le même jour, le 4 avril, il cède à plusieurs personnes, dont Louis, « une place pour Bastir dans La Bourgade de la Concistance d’un arpent de terre Sur Une demy arpent de front Le Long de la Riviere du fleuve St Laurens sur deux arpens de profondeur ». La rente seigneuriale est fixée à 10 sols, plus un denier de cens annuellement. L’emplacement de Louis est voisin de celui de Léger Baron.

Extrait de la concession d’un emplacement de 1673 accordée spécifiquement à Louis Robert dit Lafontaine (FamilySearch)

Louis installe son atelier de cordonnier sur cet emplacement à Boucherville.

Illustration générée par l’auteure à l’aide de l’intelligence artificielle, avril 2026 (ChatGPT)

Le 4 novembre 1675, Jean de Godefroy, écuyer, sieur de Linctôt, obtient un défaut devant la juridiction royale des Trois-Rivières contre Louis. Après lecture de l’assignation, le défendeur étant absent, le tribunal prononce défaut contre lui. En conséquence, Louis est condamné à payer audit sieur de Godefroy la somme de 125 livres, avec dépens.

En 1681, Louis et Marie sont recensés en Nouvelle-France, vivant à Boucherville avec leurs quatre enfants. Louis est cordonnier. La famille possède deux vaches.

Recensement de la Nouvelle-France de 1681 (Bibliothèque et Archives Canada)

Le 1er juin 1693, Jean Leclerc présente une requête devant la juridiction royale au nom de sa mère, Marie Gendre (Legendre), veuve de Jean Lamarche. Il demande que ses enfants assurent sa subsistance en raison de son grand âge et de sa pauvreté, offrant d’y contribuer lui-même. Les défendeurs, Florent Leclerc et François Bergeron, reconnaissent leur obligation, mais soutiennent que Pierre Bourgery, Louis Robert dit Lafontaine et Jacques Duhamel, en tant que gendres, doivent également contribuer. Le tribunal ordonne que chacun des intéressés, dont Louis, paie mensuellement une somme fixée selon ses moyens à Florent Leclerc, chez qui réside Marie Gendre.


Acquisitions foncières

Le 4 mars 1701, le seigneur Pierre Boucher accorde à Louis 50 arpents de terre supplémentaires, contigus à sa concession initiale de 1673. Louis, cordonnier de profession, est décrit comme résident de Boucherville. Il s’engage à payer une rente seigneuriale annuelle de 50 sols et six deniers de cens, ainsi que deux chapons vifs (« ou Leur Vraye Valleur »), le jour de la Saint-Martin, le 11 novembre. Il accepte également de faire moudre son grain au moulin seigneurial et de construire et d’entretenir les chemins sur la terre, selon les besoins. Boucher se réserve le droit d’abattre et d’enlever les arbres de la terre « pour Lutilitté publique et pour son principal manoir ». Louis déclare ne pas savoir écrire ni signer.

En 1702, Louis est mentionné pour la première fois comme maître cordonnier dans le contrat de mariage de sa fille Marie avec Antoine Daunais.  

Le 12 juin 1704, le seigneur Pierre Boucher accorde de nouveau à Louis un emplacement supplémentaire : un terrain de 72 pieds carrés situé dans le village de Boucherville. Il est bordé par les propriétés de l’arpenteur Gédéon de Catalogne, de Joseph Huet dit Dulude, de Jacques Bourdon et par la rue Saint-Louis. Louis s’engage à payer une rente de 20 sols et six deniers, payable annuellement à la Saint-Martin.  

Louis reçoit une nouvelle concession de terre de Boucher le 12 avril 1707, située au deuxième rang de la seigneurie de Boucherville. Cette concession mesure également 50 arpents : deux arpents de front sur 25 arpents de profondeur, assujettie à une rente seigneuriale de 50 sols, six deniers de cens, ainsi que deux chapons vifs (ou leur valeur), payable annuellement à la Saint-Martin. Cette terre est contiguë à celles de feu Rochefort, de Madame de Varennes, de François Viger et à des terres non concédées.


Décès de Louis et Marie

Louis Robert dit Lafontaine meurt à l’âge de 72 ans le 1er janvier 1711, « en la communion de notre Mère la Sainte Église Catholique Apostolique et Romaine, après avoir reçu les sacrements de pénitence, St. Viatique et extrême onction ». Il est inhumé le lendemain au cimetière de l’église Sainte-Famille de Boucherville, en présence de nombreux habitants, dont le notaire royal Marien Tailhandier dit LaBeaume.

Sépulture de Louis Robert dit Lafontaine en 1711 (FamilySearch)

Le 10 septembre 1719, Marie, « gisant présentement au lit malade » dans sa maison de Boucherville, dicte son testament au notaire Tailhandier dit LaBeaume. « Saine d’esprit et d’entendement », elle recommande son âme à Dieu et demande que ses dettes soient payées par l’exécuteur testamentaire. Elle souhaite être inhumée au cimetière paroissial de la Sainte-Famille de Boucherville. Elle lègue :

  • 50 livres à sa fille Marguerite 

  • 50 livres en argent de cartes au curé Saladin pour dire des messes de Requiem pour le repos de son âme

  • son lit garni d’un traversin en plumes, d’une couverture de poil et de deux draps, ainsi que ses hardes et linges, à sa petite-fille Angélique Robert, pour son usage

Marie désigne son voisin et « bon amy » Joseph Huet dit Dulude comme exécuteur testamentaire.  

Marie Bourgery meurt deux semaines plus tard, le 25 septembre 1719, à l’âge de 65 ans, « après avoir reçu les sacrements de pénitence, eucharistie et extrême onction ». Conformément à ses souhaits, elle est inhumée le lendemain au cimetière paroissial de Sainte-Famille à Boucherville. Le notaire Tailhandier dit LaBeaume assiste à ses funérailles.

Sépulture de Marie Bourgery en 1719 (FamilySearch)


De Boucherville à l’Amérique du Nord

Louis Robert dit Lafontaine et Marie Bourgery construisent leur vie à partir de deux réalités distinctes de la Nouvelle-France : lui, jeune artisan venu de La Rochelle, et elle, née à Trois-Rivières dans une famille déjà établie dans la colonie. Leur mariage, contracté alors que Marie est encore très jeune, s’inscrit dans le cadre social et juridique du XVIIe siècle et les place au cœur d’une société en pleine formation.

Établis à Boucherville, dans la seigneurie de Pierre Boucher, ils participent à l’organisation et au développement d’un établissement encore récent. Louis exerce son métier de cordonnier, acquiert progressivement des terres et prend part aux structures économiques et judiciaires de la colonie. Leur famille nombreuse s’enracine durablement dans la vallée du Saint-Laurent. Au fil des générations, leurs descendants se dispersent à travers la Nouvelle-France, puis au-delà, contribuant à l’expansion d’une lignée qui s’étend aujourd’hui à l’ensemble de l’Amérique du Nord.

 
 
Louis Robert dit Lafontaine & Marie Bourgery (biographie en français en format PDF)
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Version PDF de la biographie qui se trouve à l'adresse suivante : https://www.tfcg.ca/louisrobertlafontaine-et-mariebourgery.



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Bibliographie :

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  • « Fonds Juridiction royale des Trois-Rivières - Archives nationales à Trois-Rivières », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/434706 : consulté le 26 avr. 2026), « Requête de Félix Thunay (Thunaye, Tune), sieur Dufresne, chirurgien, demandeur, de lui être payé par Louis Robert dit Lafontaine (La Fontaine), la somme de 12 livres suivant le marché fait entre eux. Comme ledit défendeur fait défaut à la suite de son assignation à comparaître en ce jour, il est accordé défaut audit demandeur, ce qui lui sera signifié. Ledit Lafontaine (La Fontaine) est réassigné à comparaître sans quoi il sera condamné à payer ladite somme », 16 févr. 1669, cote TL3,S11,P1019, Id 434706.

  • « Fonds Juridiction royale des Trois-Rivières - Archives nationales à Trois-Rivières », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/434708 : consulté le 26 avr. 2026), « Requête de Claude Jutras (Jutrat) dit Lavallée (La Vallée), demandeur, à l'encontre de Pierre Chaperon (Chapperon) pour qu'il lui livre 6 cordes de bois de chauffage pour lesquelles il avait baillé à Robert Henry et à Louis Robert dit Lafontaine (La Fontaine) et audit défendeur 3 pots de vin et un pot d'eau-de-vie. Ledit Chaperon (Chapperon) est condamné à livrer le bois au demandeur et chacun doit fournir du bois en proportion de la boisson qu'ils ont reçue », 16 févr. 1669, cote TL3,S11,P1021, Id 434708.

  • « Fonds Juridiction royale des Trois-Rivières - Archives nationales à Trois-Rivières », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/435181 : consulté le 26 avr. 2026), « Défaut accordé à Jean de Godefroy, écuyer, sieur de Lintot (Linctôt), demandeur, suivant l'exploit d'assignation du 5 octobre dernier donné à Louis Robert dit la Fontaine (Lafontaine) pour comparaître aujourd'hui, en vertu duquel défaut après que lecture a été faite de l'assignation, signée Adhémar; ledit défaillant est condamné à payer audit sieur de Godefroy la somme de 125 livres avec dépens, signé Boyvinet (Boivinet) », 4 nov. 1675, cote TL3,S11,P1494, Id 435181.

  • « Fonds Juridiction royale des Trois-Rivières - Archives nationales à Trois-Rivières », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/436045 : consulté le 26 avr. 2026), « Requête de Jean Leclerc, faisant pour Marie Gendre (Legendre), comparaissant par Michel Poulain (Poulin), son procureur, demandeur, à l'encontre de Florent Leclerc et François Bergeron, défendeurs... », 1 juin 1693, cote TL3,S11,P2378, Id 436045.

  • « Actes de notaire, 1669-1678 // Thomas Frérot », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-D34F-8?cat=koha%3A644971&i=631&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), bail d’une vache par Pierre Boucher à Louis Robert, 21 nov. 1671, images 632-634 sur 3153 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1669-1678 // Thomas Frérot », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-D34X-R?cat=koha%3A644971&i=637&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), échange de terres entre Louis Robert et Gilbert Guillemant, 16 déc. 1671, images 638-639 sur 3153 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1669-1678 // Thomas Frérot », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-D38W-1?cat=koha%3A644971&i=699&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), concession de terre par Pierre Boucher à Louis Robert dit Lafontaine, 4 avr. 1673, images 700-706 sur 3153 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1669-1678 // Thomas Frérot », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-D378-Y?cat=koha%3A644971&i=720&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), concession d'emplacement situé en la bourgade de Boucherville par Pierre Boucher à Louis Robert, 4 avr. 1673, pages 721-726 sur 3153 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1699-1730 // Marien Tailhandier », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-49CX-M?cat=koha%3A529348&i=191&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), concession de terre par Pierre Boucher à Louis Robert, 4 mars 1701, images 192-196 sur 3203 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1699-1730 // Marien Tailhandier », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-499X-N?cat=koha%3A529348&i=714&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), concession d’un emplacement par Pierre Boucher à Louis Robert, 12 juin 1704, images 715-717 sur 3203 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1699-1730 // Marien Tailhandier », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-49ZB-P?cat=koha%3A529348&i=1048&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), concession de terre par Pierre Boucher à Louis Robert, 12 avr. 1707, images 1049-1051 sur 3203 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • « Actes de notaire, 1699-1730 // Marien Tailhandier », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-C8D9?cat=koha%3A529348&i=384&lang=en : consulté le 26 avr. 2026), testament de Marie Bourgerit, 10 sept. 1719, images 385-386 sur 2906 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • Parchemin, banque de données notariales du Québec ancien (1626-1801), Société de recherche historique Archiv-Histo  (https://archiv-histo.com : consulté le 26 avr. 2026), « Contrat de mariage entre Antoine Daunay, fils de Antoine Daunay, habitant et de Marie Richard, de Boucherville; et Marie Robert, fille de Louis Robert, maître cordonnier et habitant et de Marie Bourgit, de Boucherville », notaire M. Tailhandier dit LaBeaume, 24 oct. 1702.

  • Fédération québécoise des sociétés de généalogie, base de données du Fichier Origine (https://www.fichierorigine.com/fr/repertoire/robert/-lafontaine : consulté le 25 avr. 2026), fiche de ROBERT / LAFONTAINE, Louis (personne 243576), mise à jour le 4 sept. 2025.

  • Université de Montréal, base de données du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) (https://www-prdh-igd.com/Membership/fr/PRDH/Famille/2161 : consulté le 25 avr. 2026), entrée de dictionnaire pour Louis ROBERT FONTAINE et Marie BOURGERY BOURGIS (union #2161).

  • Peter J. Gagné, From Soldiers to Settlers: The Carignan-Salières Regiment in Canada 1665-1668, volume 2 (Woonsocket, Rhode Island, American-French Genealogical Society, 2025), 593-594.

  • « La chapelle Sainte-Marguerite », Racines Rochelaises (http://racinesrochelaises.free.fr/larochellesm.html : consulté le 25 avr. 2026).

  • Jacqueline Sylvestre, « L’âge de la majorité au Québec de 1608 à nos jours », Le Patrimoine, février 2006, volume 1, numéro 2, page 3, Société d’histoire et de généalogie de Saint-Sébastien-de-Frontenac.