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Nicolas Perrot & Marie Madeleine Raclos

Explorateur, négociateur et interprète célèbre, Nicolas Perrot est bien ancré dans les livres d'histoire du Canada. Mais l'histoire de sa vie, et celle de sa femme Madeleine Raclos, est aussi celle d’épreuves et de souffrance. Nicolas a passé la majeure partie de sa vie dans la pauvreté, incapable de terminer ses mémoires car il n'avait pas les moyens d'acheter plus de papier. Madeleine a lutté contre la maladie mentale. Voici l’histoire de leurs accomplissements célébrés, de leurs luttes et de l'important héritage qu'ils nous ont laissé.

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Nicolas Perrot & Marie Madeleine Raclos

Explorateur, négociateur et interprète célèbre, Nicolas Perrot est bien ancré dans les livres d'histoire du Canada. Mais l'histoire de sa vie, et celle de sa femme Madeleine Raclos, est aussi celle d’épreuves et de souffrance. Nicolas a passé la majeure partie de sa vie dans la pauvreté, incapable de terminer ses mémoires car il n'avait pas les moyens d'acheter plus de papier. De son côté, Madeleine a lutté contre la maladie mentale. Voici l’histoire de leurs accomplissements célébrés, de leurs luttes et de l'important héritage qu'ils nous ont laissé.

 

Nicolas Perrot, fils de François Perrot et de Marie Sirot (ou Sivot), est né vers 1644 à Darcey, Bourgogne, France (dans l'actuel département de la Côte-d'Or). Située à environ 50 kilomètres au nord-ouest de Dijon, Darcey est aujourd'hui une petite commune rurale de moins de 350 habitants.

Le père de Nicolas est procureur d’office à Darcey.

Localisation de Darcey (données cartographiques ©2022 Google)

L'église Saint-Bénigne du XIIe siècle à Darcey (auteur Wikimedia Pethrus)


Donné aux Jésuites

En 1660, Nicolas est en Nouvelle-France, engagé comme donné aux Jésuites. (Un donné était un laïc qui aidait les jésuites à convertir les autochtones au catholicisme.) En visitant divers peuples autochtones avec les prêtres, Nicolas apprend à parler plusieurs langues. En moins de trois ans, il vit parmi les peuples autochtones du Wisconsin, travaillant toujours pour les jésuites. En 1665, Nicolas aurait quitté l'emploi des jésuites, son contrat d'engagement initial probablement terminé. Cette année-là, il visite les tribus Potowatami et Fox, avant de se rendre à Montréal.

En 1666, Nicolas est inscrit au recensement de la Nouvelle-France vivant à Montréal. Il est énuméré en tant que domestique de Marie Pournin, veuve de Jacques Tetard. Il a 22 ans.

 

Recensement de 1666 pour la maison de Marie Pournin (Bibliothèque et Archives Canada)

 

Un an plus tard, Nicolas, 26 ans, vit toujours à Montréal, mais travaille comme serviteur des prêtres sulpiciens. À leur service, il travaille aussi comme donné. (Les âges indiqués dans les recensements sont notoirement peu fiables, comme on en témoigne ici.)

Recensement de 1667 pour Nicolas Perrot (Bibliothèque et Archives Canada)


Le Commerce des fourrures

Carte de la région du Michigan avec la baie des Puants à l'époque de la Nouvelle-France par Guillaume Delisle 1718 (Library of Congress)

Les opportunités offertes par le commerce des fourrures sont vite apparues à Nicolas. En 1667, il forme une compagnie avec trois autres hommes qui s'intéressent au commerce et à l'exploration dans la région du Wisconsin. Un an plus tard, Nicolas parcourt les villages de Winnebago, Potowatami, Fox et Sauk près de la Baie des puants (l’actuel Green Bay), faisant le commerce des fourrures. Il fut souvent le premier Français à entrer en contact avec ces premières nations. Ce fut le début de la célèbre carrière de Nicolas en tant qu'explorateur, commerçant de fourrures et interprète.

En juin 1670, Nicolas est de retour à Montréal. Il est aussitôt convoqué à Québec par le gouverneur Daniel Rémy de Courcelles et l'intendant Jean Talon. Nicolas, avec Daumont de Saint-Lusson, accepte de se rendre au Wisconsin. Leur objectif est de rassembler des représentants des nations autochtones de l’ouest et de formaliser une alliance avec le roi de France, avec Nicolas agissant comme guide et interprète. Avant de partir, Nicolas forme une autre compagnie commerciale avec cinq hommes le 2 septembre 1670. Environ un mois plus tard, Nicolas et Saint-Lusson descendent la rivière des Outaouais en pagayant vers le Wisconsin. Ils atteignent la rive nord du lac Huron et le peuple Amikoué, où ils sont restés pour l'hiver. Une fois les glaces dégelées, Nicolas et Saint-Lusson repartent pour atteindre le Sault Sainte-Marie en mai 1671. Là, le 14 juin 1671, une cérémonie a lieu pour officialiser la possession des terres de l'ouest par le roi de France, avec l'approbation de 14 nations autochtones. Nicolas signe l'accord en sa qualité d'interprète officiel.


Marie Madeleine Raclos, fille de Bon Raclos (ou Raclot) et de Marie Vienot, est baptisée le 8 janvier 1656 dans la paroisse de Saint-Jean-Baptiste à Chaumont-en-Bassigny, Champagne, France (aujourd'hui appelé Chaumont dans le département de la Haute-Marne).

Baptême de Marie Madeleine Raclos en 1656 (Archives départementales de la Haute Marne)

Localisation de Chaumont en France (données cartographiques ©2022 Google)


Cartes postales non-datées de Chaumont (Geneanet)


Marie Madeleine arrive à Québec à bord du Saint-Jean Baptiste le 15 août 1671 avec son père et ses deux sœurs, Marie et Françoise. Les trois filles ont une dot de 1 000 livres, un montant considérablement supérieur à la dot moyenne de l'époque. Bon Raclos, leur père, retourne en France quelque temps après le 17 octobre 1672. Il est un marchand prospère dans l'industrie du tannage.

 

Fille du roi ?

Un portrait plutôt romancé de l’arrivée des filles du roi à Québec (« Women coming to Quebec in 1667, in order to be married to the French Canadian farmers »), aquarelle d’Eleanor Fortescue-Brickdale

Les filles du roi étaient un groupe de quelque 700 femmes célibataires envoyées en Nouvelle-France entre 1663 et 1673 par le roi Louis XIV pour résoudre un problème de déséquilibre hommes-femmes dans la colonie et pour aider à son peuplement. On les appelait filles du roi parce que Louis XIV payait leur recrutement, leurs vêtements et leur passage au nouveau monde et offrait une dot aux femmes lorsqu'elles se mariaient. Les filles du roi représentent la moitié des femmes qui sont venues en Nouvelle-France au début de l'histoire de la colonie. 

Les sœurs Raclos ont d'abord été qualifiées de filles du roi parce que certains récits affirmaient à tort que leur père les avait simplement accompagnées au Québec et qu'il était revenu en France quelques mois plus tard. Cela a été prouvé faux par des actes notariés plaçant Bon Raclos dans la colonie plus d'un an plus tard. Deux des sœurs ont reçu « le cadeau du roi » à leur mariage, mais cet argent n'était pas uniquement offert aux filles du roi. Bien que Bon Raclos soit revenu en France, ceci semble être une migration familiale. Les filles Raclos ne figurent pas sur la liste des filles du roi du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) de l'Université de Montréal.


Mariage

Le 11 novembre 1671, Nicolas et Marie Madeleine comparaissent devant le notaire Guillaume de Larue à Champlain pour rédiger leur contrat de mariage. Nicolas avait environ 27 ans ; Marie Madeleine avait 15 ans. Tous deux ont pu signer le contrat, tout comme le père de Madeleine. Ses deux sœurs étaient également présentes. (L'acte de mariage n'existe plus, mais la cérémonie avait normalement lieu dans les 3 semaines suivant la signature du contrat de mariage.)

 

Extrait du contrat de mariage de Nicolas Perrot et Marie Madeleine Raclos en 1671 (conservé au Séminaire de Québec ; l'original n'existe plus)

 

 

Âge légal pour se marier

Pour se marier à l'époque de la Nouvelle-France, un marié devait avoir au moins 14 ans, tandis qu'une mariée devait en avoir au moins 12. À l'époque du Bas-Canada et du Canada-Est, les mêmes exigences étaient en place. L'Église catholique a révisé son code de droit canonique en 1917, changeant l'âge minimum du mariage à 16 ans pour les hommes et 14 ans pour les femmes. En 1980, le Code civil du Québec a relevé l'âge minimum à 18 ans pour les deux sexes. De plus, les mineurs avaient besoin du consentement parental pour se marier. En Nouvelle-France, l'âge de la majorité était de 25 ans. Sous le régime britannique, il est passé à 21 ans. Depuis 1972, l'âge de la majorité au Canada est fixé à 18 ans.


Voyageur

Il semble que Nicolas n'était pas disposé à rester sur place très longtemps. En septembre 1672, il reçoit un « congé de traite » du gouverneur Frontenac, lui permettant de remonter la rivière des Outaouais dans un canot chargé de marchandises à échanger contre des fourrures. Il travaille comme « coureur des bois » jusqu'en 1683, voyageant chaque été vers les Grands Lacs, élargissant toujours son réseau de relations autochtones. Après que le commerce des coureur des bois est jugé illégal par les autorités françaises, Nicolas devient « voyageur » licencié.

Voyageurs allant vers l’ouest (« Canoe Manned by Voyageurs Passing a Waterfall »), peinture à l’huile de 1869 par Frances Ann Hopkins (Bibliothèque et Archives Canada)

En 1677, Nicolas obtient une concession foncière de Charles Pierre Legardeur de Villiers à la Rivière Saint-Michel-de-Bécancour.

La famille Perrot est dénombrée au recensement de la Nouvelle-France en 1681. Elle habite la seigneurie de Lintot (aussi appelée Linctot), sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Nicolas possède deux fusils, cinq bestiaux et 18 arpents de terre. La seigneurie était située dans l'actuel Bécancour.

 

Recensement de 1681 pour la famille Perrot (Bibliothèque et Archives Canada)

 

Exploration de l'Ouest

En 1685, Nicolas est nommé commandant en chef de la Baie des puants et des environs, communément appelé les Pays d'en Haut. Avant de partir, il signe une procuration en faveur de son épouse Madeleine, afin qu'elle puisse agir comme mandataire en son absence. Nicolas est chargé d'une autre mission dans le Wisconsin, cette fois pour convaincre les nations autochtones de l'Ouest de combattre les Iroquois (aujourd'hui appelés les Haudenosaunee) aux côtés des Français. Accompagné d'une vingtaine d'hommes, Nicolas remonte à nouveau la rivière des Outaouais en route vers la Baie des puants. Une fois sur place, il apprend que les Sioux et les Chippewas sont en conflit avec la nation Fox. La paix était nécessaire si Nicolas voulait rallier toutes ces tribus à la cause française. Le conflit s’aggrave lorsque les Fox enlèvent la fille d'un chef Sauk. Nicolas et ses hommes parviennent à libérer la jeune fille et à la rendre à son père, obtenant de lui la promesse qu'il ne sollicitera pas de représailles. Pendant son séjour au Wisconsin, Nicolas offre également à la chapelle de la mission catholique Saint-François-Xavier un ostensorium en argent.

La paix rétablie, Nicolas envoie les Puants parcourir la rive ouest du Mississippi. Il les suit en remontant la rivière, passant par Prairie-du-Chien et La Crosse (dans le Wisconsin actuel), puis campe près du lac Pépin (entre le Wisconsin et le Minnesota). Là, lui et son équipe construisent Fort-Saint-Antoine.

Carte de Jean Baptiste Louis Franquelin de 1688, montrant le Fort Saint-Antoine (Library of Congress). Cette carte dessinée par Franquelin est en grande partie basée sur les informations que Nicolas lui a fournies.

En 1687, de nouveaux ordres arrivent de Québec : Nicolas doit abandonner le fort et se rendre à Niagara pour combattre les Onondaga, avec autant d'alliés autochtones que possible. À la mission des Jésuites de Saint-François-Xavier, il laisse derrière lui toute la richesse qu'il a amassée en peaux, croyant qu'elles seraient en sécurité dans la grange des Jésuites jusqu'à son retour. Nicolas et ses hommes se rendent à Détroit et détruisent cinq villages Onondaga.


Ruine financière

Pendant l'absence de Nicolas, le conflit éclate à nouveau dans la Baie des puants. Les relations entre les Français et les nations autochtones n'étaient pas aussi pacifiques qu'il l'avait espéré. En colère contre les Français, un groupe d'autochtones incendie la maison, l'église et la grange des jésuites. Le feu ravage complètement la mission de Saint-François-Xavier, brûlant tous les effets personnels et les fourrures de Nicolas. Il est financièrement ruiné ; les fourrures brûlées auraient une valeur de 40 000 livres. 

Nicolas revient à Bécancour, après avoir été éloigné de sa femme et de sa famille pendant plus de deux ans. Son travail d'interprète le rappelle bientôt à Montréal, où il participe aux négociations de traités avec les Onondaga, Cayugas et Oneidas en 1688.

Malgré sa situation financière difficile, Nicolas achète la seigneurie de Rivière-du-Loup (aujourd'hui Louiseville) de Jean Le Chasseur, lieutenant général de Trois-Rivières et conseiller du roi, pour 4 000 livres en castor en mai 1688. Cela fait de lui un seigneur, du moins pour quelques années. Plusieurs documents judiciaires montrent que Nicolas n'est pas en mesure d'effectuer les paiements qu'il avait acceptés. Le 24 novembre 1698, il fut condamné à payer Le Chasseur 1 400 livres en peaux de castor, un intérêt de 4 000 livres en peaux, plus 385 livres pour les labours. La vente de la seigneurie est déclarée nulle et Le Chasseur est autorisé à prendre possession de la terre. 

Nicolas reprend bientôt le chemin du Wisconsin, chargé de construire le Fort Saint-Nicolas (près de Prairie-du-Chien) et de prendre possession de la Baie des puants, ainsi que des lacs et rivières des Outaganis et des Mascouten, au nom de Louis XIV. Dès le 8 mai 1689, le Haut-Mississippi est sous domination française grâce à Nicolas, apparemment avec le consentement des nations Fox, Potowatami, Chippewa, Sauk, Winnebago et Menominee. Cliquez ici pour voir une carte des voyages de Nicolas.

Nicolas fait de multiples voyages dans l'Ouest, cherchant toujours à promouvoir les intérêts de la France et ses propres intérêts personnels dans le commerce des fourrures. Des dizaines et des dizaines d'actes notariés témoignent de son implication dans le métier, dont beaucoup sont des contrats d'engagement pour les hommes qui travaillaient pour lui.


La Grande paix de Montréal

« La paix de Montréal », peinture de Jean-Baptiste Lagacé (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

En 1696, Nicolas retourne chez lui à Bécancour, laissant ses jours de voyageur derrière lui. Ses talents d'interprète sont cependant toujours recherchés par les administrateurs de la colonie. Lors de la Grande Paix de Montréal en 1701, Nicolas agi comme interprète pour le gouverneur de Callières et les nations de l'Ouest.

Extrait de la copie du traité de la Grande Paix de Montréal en 1701 (Wikimedia Commons)


Mémoire

Au cours de la décennie suivante, Nicolas écrit un mémoire de son temps parmi les peuples autochtones. Intitulé Mémoire sur les mœurs, coustumes et religion des Sauvages de l'Amérique Septentrionale, il est publié à Paris en 1864. C'était cependant une biographie précipitée. Dans ses dernières pages, Nicolas écrit qu'il n'est pas en mesure d'écrire une histoire plus complète, faute de papier. (Il est disponible à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque nationale de France.)

En 1708, Nicolas joue le rôle de capitaine de milice à la côte de Bécancour.

Au cours des deux dernières décennies de sa vie, Nicolas est régulièrement poursuivi devant les tribunaux par des créanciers. Il n'a jamais pu se remettre de la tragédie financière qui l'a frappé dans le Wisconsin. Sa situation financière se complique lorsque sa femme Madeleine apprend d’un héritage de 2 000 livres qu'elle va recevoir de sa tante Colette Raclos à Paris. Après avoir demandé conseil à un notaire, Marie Madeleine demande au tribunal en 1702 une séparation de biens entre elle et son mari, ce qui lui aurait permis de percevoir son héritage sans craindre que les créanciers la poursuivent. Le curé de Champlain, Pierre Hazeur Delorme, offre de se rendre à Paris et de percevoir la somme pour Madeleine. A son retour, il exige une commission de 50 % du montant. Cet incident entraîne encore plus de comparutions devant les tribunaux. En 1715, le Conseil Souverain ordonne à Delorme de payer à Madeleine et Nicolas 5 411 livres pour les sommes qu'il leur doit.


Sept fils et quatre filles

Bien qu'il ait été absent de sa femme pendant de longues périodes, Nicolas a eu une famille nombreuse. Lui et Marie Madeleine ont eu onze enfants :

  • Marie Madeleine Perrault (ou Perrot) (1683-1683)

  • Claude Perrault (ou Perrot) (1684-1741)

  • Pierre Perrault (ou Perrot) (ca. 1686-1725)

  • Jean Baptiste Perrault (ou Perrot) (1688-1705)

  • Jean Perrault (ou Perrot) (1690-1773)

  • François Perrault (ou Perrot) (ca. 1672-?)

  • Nicolas Perrault (ou Perrot) dit Turbal (ca. 1674-?)

  • Marie Clémence Perrault (ou Perrot) (ca. 1676-1756)

  • Michel Perrault (ou Perrot) (1677-1723)

  • Marie Françoise Perrault (ou Perrot) (1678-1744)

  • Marie Anne Perrault (ou Perrot) (1680-1745)


Décès de Nicolas Perrot

Nicolas Perrot est décédé à l'âge d'environ 73 ans le 13 août 1717. Il est inhumé le lendemain à l'intérieur de l'église de Bécancour.

 

Sépulture de Nicolas Perrot en 1717 (Ancestry)


 
 

Inhumé à l'intérieur de l'église?

Les inhumations intra-muros sont une ancienne tradition chrétienne que les premiers colons ont amenée avec eux de France. La tradition française voulait que le privilège soit principalement réservé au clergé et aux nobles. En Nouvelle-France, cependant, nous constatons que les inhumations à l'intérieur des murs de l'église n'étaient pas réservées à ce groupe d'élites. Ils ont été exécutés pour ceux qui appartenaient aux groupes sociaux les plus puissants (qui pourraient même inclure des agriculteurs), ceux qui réussissaient le mieux dans leur métier et ceux qui étaient impliqués dans leur église et leur communauté. Les corps étaient placés dans la crypte (ou cave) située sous le sol de l'église, ou dans une fosse creusée après avoir soulevé le sol ou un banc d'église. Les rites funéraires qui accompagnaient un tel enterrement étaient généralement plus élaborés et coûteux que ceux exécutés pour un enterrement au cimetière. La pratique des enterrements intra-muros dans les églises a disparu de la plupart des paroisses au milieu du XIXe siècle, principalement en raison de problèmes d'hygiène publique et d'un manque d'espace.


Une triste fin pour Madeleine

Après la mort de son mari, la santé mentale de Marie Madeleine commence à décliner. Ses multiples comparutions devant les tribunaux pour assurer son héritage lui avaient causé un stress important. 

Le 18 octobre 1717, elle achète à Pierre Gour et Catherine Richome une terre à Saint-Sulpice où vivent plusieurs de ses enfants. Son fils Pierre agi comme son mandataire. Peut-être en raison d'une santé déclinante, Marie Madeleine n'est jamais déménagée à Saint-Sulpice. Le 12 août 1719, elle réunit ses enfants à Trois-Rivières et leur donna tous ses biens : la terre de Bécancour, mesurant sept arpents sur 20 arpents de profondeur, avec une maison, une grange et une écurie, une concession foncière dans la seigneurie de Dutort et le terrain à Saint-Sulpice qu'elle avait acheté deux ans auparavant. En novembre de la même année, un autre acte notarié est dressé dans lequel Madeleine accepte une pension de ses enfants pour subvenir à ses besoins jusqu'à la fin de ses jours. Elle s'installe avec sa fille Françoise et son mari François Dufaux.

Sépulture de Marie Madeleine Raclos en 1724 (Ancestry)

Madeleine se détériore rapidement. Elle ne veut plus vivre avec sa fille ni aller à l'hôpital des Ursulines. Le notaire Poulin écrit en 1720 qu'elle « a l'esprit fort troublé et devenu en enfance ». Ses enfants se réunissent à nouveau pour décider quoi faire. On demande à Françoise de continuer à s'occuper de sa mère et elle reçoit des fonds supplémentaires. Françoise et son mari continuent à s'occuper de Madeleine pendant quatre années de plus, au cours desquelles « elle sera plongée dans la démence la plus complète ».

Marie Madeleine Raclos est décédée à l'âge de 68 ans. Elle est inhumée le 8 juillet 1724 au cimetière paroissial de Trois-Rivières.


Un héritage important

Les nombreuses aventures occidentales de Nicolas Perrot lui ont valu un surnom chez certains peuples autochtones : « Metamiens », mot signifiant « homme aux jambes de fer », faisant peut-être référence au fait que les explorateurs et commerçants blancs ont initié les Premières Nations aux objets métalliques utiles.

Benjamin Sulte a écrit que Nicolas Perrot « fut l'un des quatre ou cinq personnages marquants du XVIIe siècle qui ont le plus voyagé dans l’ouest ». Il est inextricablement lié à Trois-Rivières, où la plupart des résidents connaissent son héritage. Sulte ajouta également : « Avant 1671, Perrot n'avait été qu'un coureur de bois trafiquant pour son compte, avec quelques associés, peut-être, mais sans éclat, sauf qu’il avait acquis un prestige personnel extraordinaire sur l'esprit des indigènes et qu’il était regardé comme un interprète et un orateur de premier ordre. Évidemment plus instruit que la plupart de ceux qui se livraient à cette vie errante, doué de talents supérieurs, brave et rusé au possible, il dominait à la fois son entourage français et les peuples qui venaient en contact avec lui. Perrot possédait une belle écriture et l’art de coucher sur le papier les observations toujours si remarquables qu’il recueillait dans ses courses lointaines ».

Signature de Nicolas Perrot

De nombreuses plaques et sites commémorent la vie et les voyages de Nicolas Perrot. Pour une liste complète, visitez l'Association des descendants de Nicolas Perrot.

 

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Bibliographie :

  • Fédération québécoise des sociétés de généalogie, base de données Fichier Origine (https://www.fichierorigine.com/recherche?numero=243236), fiche pour Nicolas Perrault / Perrot (personne 243236), dernière mise-à-jour le 20 fév. 2019.

  • Fédération québécoise des sociétés de généalogie, base de données Fichier Origine (https://www.fichierorigine.com/recherche?numero=016074), fiche pour Madeleine Raclot (personne 016074), dernière mise-à-jour le 14 sept. 2017.

  • Programme de recherche en démographie historique (PRDH) (https://www.prdh-igd.com/Membership/fr/PRDH/Famille/3781), fiche pour Nicolas Perrault et Marie Madeleine Raclos, union 3781.

  • Jacques Saintonge, Nos Ancêtres volume 4 (Ste-Anne-de-Beaupré, Éditions Ste-Anne-de-Beaupré, 1983), 141-154

  • Peter Gagné, King’s Daughters & Founding Mothers: Les Filles du Roi, 1663-1673, Volume Two (Orange Park, Florida : Quintin Publications, 2001), 478.

  • Mona Andrée Rainville, « Les RACLOT de Chaumont en Bassigny à la Nouvelle-France », Academia.edu (https://www.academia.edu/30487254/Les_RACLOT_de_Chaumont_en_Bassigny_a_la_Nouvelle_France)

  • « Recensement du Canada, 1666 », Bibliothèque et Archives Canada (https://collectionscanada.gc.ca/), entrée pour Nicolas Pero, maison de Marie Pournin, Montréal, page 118, 1666, Québec, référence MSS0446, MIKAN no. 2318856 ; citant les données originales : Centre des archives d'outre-mer (France) vol. 460.

  • « Recensement du Canada, 1667 », Bibliothèque et Archives Canada (https://collectionscanada.gc.ca/), entrée pour Nicolas Perrot, 1667, Montréal, page 174, référence MSS0446, item 2318857 ; citant les données originales : Centre des archives d'outre-mer (France) vol. 460.

  • « Recensement du Canada fait par l'intendant Du Chesneau », Bibliothèque et Archives Canada (https://collectionscanada.gc.ca/), entrée pour Nicolas Perrot, seigneurie de Lintot, 14 nov. 1681, Québec, référence MSS0446, MIKAN 2318858 ; citant les données originales : Centre des archives d'outre-mer (France) vol. 460.

  • Parchemin, banque de données notariales du Québec ancien (1626-1801), Société de recherche historique Archiv-Histo (www.Archiv-Histo.com), « Société entre Nicolas Perrot, Jean Dupuis, Denis Masse, Pierre Poupart, Jean Guytard et Jacques Benoist », 2 sept. 1670, notaire R. Becquet.

  • Parchemin, « Contrat de mariage entre Nicolas Perrot, fils de François Perrot et de Marie Sivot, de Davray, évêché d'Autun; et Madeleine Raclos, fille de Bon Raclot et de Marie Viennot », 11 nov. 1671, notaire G. de Larue.

  • Parchemin, « Procuration de Nicolas Perrot, à Marie-Madeleine Raclos, son épouse, de la rivière Sainct Michel», 17 mai 1685, notaire A. Adhémar de Saint-Martin.

  • Parchemin, « Vente d'une terre située à St Sulpice; par Pierre Gour et Catherine Richome, son épouse, de St Sulpice, à Marie-Madeleine Raclaux, veuve de Nicolas Perot, capitaine, de la côte de Bécancour, absente, ce acceptant pour elle Pierre Perot, de St Sulpice, son fils », 18 oct. 1717, notaire N. Senet dit Laliberté.

  • En collaboration avec Claude Perrault, « PERROT, NICOLAS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003– , http://www.biographi.ca/fr/bio/perrot_nicolas_2F.html.  

  • « Fonds Juridiction royale des Trois-Rivières - BAnQ Trois-Rivières », images numériques, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/436217), « Requête de maître Jean le Chasseur (Lechasseur), conseiller du Roi, lieutenant-général de la Juridiction ordinaire des Trois-Rivières, comparant en personne, demandeur d’une part, à l’encontre de Nicolas Perot, (Perrault ou Perrot), demeurant aussi en cette ville, défendeur d’autre part. Après que le demandeur ait terminé sa requête, le défendeur a répondu qu’il n’a pas été mis en possession de la seigneurie de Rivière-du-Loup, (Louiseville) vendue par ledit Lechasseur. Lecture faite du contrat de vente passé devant Adhémar, notaire, 19 mai 1688, des titres et originaux passés devant Ameau, notaire, le 23 février 1690, il est ordonné que le défendeur soit condamné à payer au demandeur la somme de 1400 livres en castor, et les intérêts de la somme de 4000 livres aussi en castor, pendant les sept années où le défendeur a jouit de ladite seigneurie sans préjudice, la somme de 385 livres, 10 sols et 3 deniers pour les labours, et faute de paiement de 4000 livres, il est ordonné que la vente de la seigneurie soit déclarée nulle. Le demandeur peut entrer en possession de la seigneurie comme auparavant alors que le défendeur est condamné aux dépens.», 24 nov. 1698, côte TL3,S11,P2552, ID 436217.

  • « Collection Pièces judiciaires et notariales - BAnQ Québec », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/387389), « Enquête par Jean Lechasseur, conseiller du Roi et lieutenant général de la Juridiction des Trois-Rivières, sur la séparation de biens demandée par Marguerite Raclos (Raclot) d'avec son mari Nicolas Perrot (Perrault) », 29 août1702, côte TL5,D313, ID 387389.

  • « Fonds Juridiction royale des Trois-Rivières - BAnQ Trois-Rivières », images numérisées, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (https://advitam.banq.qc.ca/notice/436666), « Requête de Pierre Hazeur, sieur de Lherme (Delorme), prêtre curé de Champlain, demandeur, contre Madeleine Raclos, défenderesse, comparant par Nicolas Perrot (Perrault), son mari, pour que cette dernière accepte la somme de 3586 livres et 4 sols en monnaie de cartes en cours de ce pays qu’il lui doit selon un billet du 2 novembre 1713; le défendeur répond qu’il est prêt de recevoir le montant en espèce sonnante; il est ordonné que le défendeur recevra les 3586 livres et 4 sols en monnaie de cartes et que s’il refuse, elle sera consignée au greffe à ses risques et périls et il est condamné aux dépens taxé à 4 livres et 10 sols, monnaie de France », 26 nov. 1714, côte TL3,S11,P3001, ID 436666.

  • « Registres paroissiaux et Actes d’état civil du Québec (Collection Drouin), 1621 à 1968 », Ancestry.ca (https://www.ancestry.ca/), sépulture de Nicolas Perrot, 13 août 1717, Bécancour > 1716-1762 > image 7 sur 140.

  • « Registres paroissiaux et Actes d’état civil du Québec (Collection Drouin), 1621 à 1968 », Ancestry.ca (https://www.ancestry.ca/), sépulture de Marie Magdelaine Perot, 8 juil. 1724, Trois-Rivières > Immaculée-Conception, cathédrale l´Assomption > 1699-1727> image 415 sur 471.

  • Thuot, Jean-René, "La pratique de l’inhumation dans l’église dans Lanaudière entre 1810 et 1860 : entre privilège, reconnaissance et concours de circonstances", 2006, Études d'histoire religieuse, 72, 75–96, digitized by Érudit (https://doi.org/10.7202/1006589ar)