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Pierre Favreau dit Deslauriers et Marie Madeleine Benoit

Découvrez le parcours remarquable de Pierre Favreau dit Deslauriers et de Marie Madeleine Benoit en Nouvelle-France. Leur histoire, profondément ancrée dans le tissu militaire et social du XVIIe siècle, met en lumière la transition de Pierre, soldat dans le régiment de Carignan-Salières, à un colon pionnier, et le rôle de Marie Madeleine en tant que jeune Fille du roi.

 

 Pierre Favreau dit Deslauriers & Marie Madeleine Benoit

 

Découvrez le parcours remarquable de Pierre Favreau dit Deslauriers et de Marie Madeleine Benoit en Nouvelle-France. Leur histoire, profondément ancrée dans le tissu militaire et social du XVIIe siècle, met en lumière la transition de Pierre, soldat dans le régiment de Carignan-Salières, à un colon pionnier, et le rôle de Marie Madeleine en tant que jeune Fille du roi.


Pierre Favreau dit Deslauriers est né vers 1636 en France. Ses parents et ses origines exactes sont inconnus. [Ceci est dû au fait qu’il n’existe pas de contrat ou d’acte de mariage pour lui, ce qui devrait normalement fournir cette information. L’année de naissance est basée sur l’âge inscrit au recensement de 1681.] 

« Régiment de Carignan-Salières - 1665 », peinture de 1932 par A. d’Auriac, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Pierre quitte son pays natal du port de La Rochelle, en France, le 13 mai 1665. Il arrive à Québec le 19 août 1665 à bord du navire La Paix. Il est soldat dans la compagnie Contrecœur du régiment de Carignan-Salières, dirigé par le capitaine Antoine Pécaudy de Contrecœur.

Au début de septembre 1665, la compagnie de Contrecœur se rend de Québec à la rivière Richelieu pour participer à la construction du fort Sainte-Thérèse. À la fin de l’automne, plusieurs compagnies, dont Contrecœur, se rendent au fort Saint-Louis, puis à Montréal pour l’hiver. Plusieurs soldats de Contrecœur participent aux campagnes contre les Agniers (aussi appelés Mohawks).

À la fin de leur service militaire en 1668, les soldats de Carignan-Salières ont le choix de retourner en France ou de rester dans la nouvelle colonie. Les autorités offrent aux soldats des incitatifs pour rester, tels que des concessions de terres le long du fleuve Saint-Laurent ou des mariages avec les Filles du roi.

Sur les 1 200 à 1 300 soldats arrivés en Nouvelle-France, environ 350 sont morts, environ 350 sont rentrés en France en 1668 et au moins 446 ont décidé de rester, une centaine de soldats supplémentaires restant dans l’armée de la colonie. La principale raison de s’installer est probablement d’ordre économique : la possibilité d’avoir un petit lopin de terre à cultiver à proximité de sa maison, ce qui serait pratiquement impossible pour les soldats appartenant à la classe inférieure en France.

Pierre Favreau dit Deslauriers fait partie des soldats qui décident de rester. 

 

« Des Lauriers » figure sur ce « Rolle des Soldats du Regiment de Carignan Salière qui se sont faits habitans de Canada en 1668 », Bibliothèque et Archives Canada

 

Marie Madeleine Benoit est née vers 1653 en France. Ses parents et ses origines exactes sont inconnus. [Cette année de naissance est basée sur l’âge enregistré dans le recensement de 1681.] 

Très jeune, peut-être après avoir perdu ses parents, Marie Madeleine décide de quitter son pays et de se lancer dans l’aventure de la Nouvelle-France. Elle traverse l’Atlantique en 1667, à l’âge d’environ 14 ans. Elle est une « Fille du roi ».

La magnifique murale des Filles du roi peinte par Annie Hamel sur un mur de l’école Saint-Gabriel à Pointe-Saint-Charles, Montréal (© La Généalogiste franco-canadienne)


Mariage

Malheureusement, il n’existe aucun contrat ou acte de mariage pour Pierre Favreau dit Deslauriers et Marie Madeleine Benoit. D’après les naissances de leurs enfants, nous pouvons conclure qu’ils se sont mariés quelque temps avant 1668. Pierre aurait eu environ 32 ans ; Marie Madeleine était probablement âgée de 15 ans ou moins.

 

Âge légal pour se marier

Pour se marier à l’époque de la Nouvelle-France, un marié devait avoir au moins 14 ans, tandis qu’une mariée devait en avoir au moins 12. À l’époque du Bas-Canada et du Canada-Est, les mêmes exigences étaient en place. L’Église catholique a révisé son code de droit canonique en 1917, changeant l’âge minimum du mariage à 16 ans pour les hommes et 14 ans pour les femmes. En 1980, le Code civil du Québec a relevé l’âge minimum à 18 ans pour les deux sexes. De plus, les mineurs avaient besoin du consentement parental pour se marier. En Nouvelle-France, l’âge de la majorité était de 25 ans. Sous le régime britannique, il est passé à 21 ans. Depuis 1972, l’âge de la majorité au Canada est fixé à 18 ans.


Un couple à la ferme en Nouvelle-France au XVIIe siècle (image d’intelligence artificielle créée par Dall-E)

Pierre et Marie Madeleine auront au moins 13 enfants :

  1. Nicolas

  2. Pierre

  3. Marie Anne

  4. Antoine

  5. Mathurin

  6. Marie

  7. Jean

  8. Joseph

  9. Charles

  10. Geneviève

  11. René

  12. Jacques

  13. Pierre


Le 7 juin 1678, Pierre achète de Nicolas Bounain dit St-Martin une terre située dans la seigneurie de Contrecœur. Le contrat est rédigé par le notaire Ménard dit St-Onge.

En novembre 1681, un recensement est effectué en Nouvelle-France. Pierre et Marie Madeleine sont énumérés dans la seigneurie de Contrecœur avec leurs sept enfants. Pierre possède cinq arpents de terre « en valeur » (défrichée) et trois bestiaux.

Recensement de 1681 pour la famille Favreau (Bibliothèque et Archives Canada)

Les Favreau demeurent à Contrecœur jusqu’en 1688. Le 10 avril de cette année-là, Pierre appose sa marque sur un bail de ferme (puisqu’il ne peut signer son nom) avec Pierre Boucher, seigneur de Boucherville. La ferme est située sur la « terre de Saint-Joseph », sur la Grande Île (l’actuelle Île Bouchard). Le contrat est rédigé par le notaire Michel Moreau, au nom de Pierre « Favraux » et de ses fils Pierre et Nicolas.

Dernière page du bail de ferme de 1688 entre Pierre Boucher et les Favreaus, montrant les marques de Pierre père, Pierre fils et Nicolas (FamilySearch)

Un bail de ferme très semblable est rédigé par le même notaire en 1694 entre Pierre Boucher et Pierre et Nicolas Favreau. Ce contrat concerne vraisemblablement Pierre fils et non son père.


Maladie et décès

Pierre Favreau dit Deslauriers est décédé à l’âge d’environ 72 ans le 26 mai 1708. Il est inhumé deux jours plus tard dans le cimetière paroissial de Sainte-Trinité à Contrecœur. L’acte de sépulture indique qu’il était âgé de 90 ans. [Les âges présentés sur les actes de sépulture sont souvent erronés.]

Sépulture de Pierre Favreau dit Deslauriers en 1708 (Généalogie Québec)

Le 5 mars 1720, Marie Madeleine, veuve de Pierre « Febros dit Delorier », fait rédiger ses dernières volontés par le notaire Marien Tailhandier dit LaBeaume. Le testament indique que Marie est « présentement au lit malade » dans une chambre à poêle. Marie Madeleine demande que toutes ses dettes soient payées, s’il y en a. Elle demande à être enterrée dans la paroisse où elle est décédée, au cours d’un service solennel.

Dans son testament, Marie Madeleine fait les dons suivants :

  • Quatre livres aux pauvres de Boucherville

  • Dix livres à l’Hôtel-Dieu de Montréal pour les pauvres

  • Son lit, sa literie, son linge et plusieurs vêtements et chaussures à sa belle-fille Marie Meunier pour « les bons services et soins qu’elle a rendus et qu’elle rendra à l’avenir » [on ne sait pas si « Marie Meunier » est Anne Meunier dite Lapierre, épouse d’Antoine Favreau, ou Jeanne Anne Meunier dite Lapierre, épouse de Jean Favreau]

  • Un jupon calamandre à Isabelle Favreau

  • Un pot de beurre à la femme de son fils Pierre [Marie Anne Perrault dite Desrochers]

  • Une nappe et un cochon à sa fille Marie Anne, déjà en sa possession

  • Quatre couettes en toile à Mme Chicard de Contrecœur

Marie Madeleine déclare également que son fils Mathurin lui doit 200 livres en monnaie de carte, qu’elle demande pour payer ses dettes et pour l’exécution du testament. Elle demande que 60 livres soient versées pour la lecture d’une messe pour le repos de son âme. [La monnaie de carte est un type de monnaie de papier utilisée périodiquement en Nouvelle-France de 1685 jusqu’à la conquête britannique en 1763. Les cartes à jouer émises par le roi — remplacées plus tard par des cartes blanches découpées de différentes formes — avaient une valeur équivalente à celle des livres françaises.]

Quant au reste de ses biens, meubles et immeubles, Marie Madeleine demande qu’ils soient partagés entre ses enfants selon la Coutume de Paris.

Marie Madeleine nomme Maurice Bénard dit Bourjoly, « son bon ami », comme exécuteur testamentaire.

 

La mort et la Coutume de Paris

La Coutume de Paris régit la transmission des biens familiaux en Nouvelle-France. Lorsqu’un couple se marie, avec ou sans contrat, il est soumis à la « communauté de biens ». Tous les biens acquis par les époux pendant leur union font partie de cette communauté. Après le décès des parents (si le couple a des enfants), les biens de la communauté sont partagés en parts égales entre tous les enfants, fils et filles. Lorsque la communauté était dissoute par le décès d’un des époux, le survivant avait droit à sa moitié, l’autre moitié étant divisée en parts égales entre les enfants. Au décès du survivant, les enfants se partagent leur part de la communauté.


Bien qu’atteinte d’une maladie mystérieuse en 1720, Marie Madeleine persévère et vit encore 13 ans.

Marie Madeleine Benoit décède à l’âge de 80 ans le 11 décembre 1733. Elle est enterrée deux jours plus tard « munie de tous les sacrements » dans le cimetière paroissial de Sainte-Trinité à Contrecœur.

Sépulture de Marie Madeleine Benoit en 1733 (Généalogie Québec)

Les vies de Pierre Favreau dit Deslauriers et de Marie Madeleine Benoit illustrent la résilience et l’adaptabilité nécessaires pour réussir en Nouvelle-France. Pierre, passant du rôle de soldat à celui de colon, et Marie Madeleine, acceptant sa nouvelle vie de Fille du roi, ont contribué au développement de la colonie grâce à leur mariage et à l’établissement de leur famille. Leur histoire souligne le rôle essentiel des soldats de Carignan-Salières et des Filles du roi dans l’établissement des fondements de la société canadienne.

 


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Bibliographie :

  • « Recensement du Canada fait par l’intendant Du Chesneau », Bibliothèque et Archives Canada (https://collectionscanada.gc.ca/ : consultée le 6 mars 2024), énumération de Pierre Favrot, 14 nov. 1681, Québec, instrument de recherche MSS0446, MIKAN no. 2318858, page 198 ; citant les données originales : Centre des archives d’outre-mer (France) vol. 460.

  • « Actes de notaire, 1681-1698 : Michel Moreau », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-SPR6?i=2353&cat=427715 : consultée le 6 mars 2024), bail de ferme entre Pierre Boucher, seigneur de Boucherville, et Pierre Favraux, 10 avr. 1688, images 2354 à 2362 sur 3080, film 1419869, numéro du groupe d’images (DGS) 8 272 716 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • Ibid. (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-STT3?i=2942&cat=427715 : consultée le 6 mars 2024), bail de ferme entre Pierre Boucher, seigneur de Boucherville, et Pierre et Nicolas Favreaux, 3 avr. 1694, images 2943 à 2946 sur 3080, film 1419869, numéro du groupe d’images (DGS) 8 272 716

  • « Actes de notaire, 1699-1730 : Marien Tailhandier », images numérisées, FamilySearch (https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5F-CC79?i=506&cat=529348 : consultée le 6 mars 2024), testament de Marie Benoit, 5 mars 1720, images 506 à 509 sur 2906, film 1464548, numéro du groupe d’images (DGS) 8 272 948 ; citant les données originales : Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

  • Parchemin, banque de données notariales du Québec ancien (1626-1801), Société de recherche historique Archiv-Histo (www.Archiv-Histo.com : consultée le 6 mars 2024), « Vente d’une terre située en la seigneurie de Contrecœur ; par Nicolas Bounain dit St Marthin, de Contrecœur, à Pierre Favreau dit Delorier, de Contrecœur », notaire Ménard dit Saint-Onge, P. (1673-1693), 7 juin 1678.

  • « Le LAFRANCE (Baptêmes, Mariages, Sépultures) », base de données et images numérisées, Généalogie Québec (https://www.genealogiequebec.com/Membership/LAFRANCE/acte/90666 : consultée le 6 mars 2024), sépulture de Pierre Favrau Deslauriers, 28 mai 1708, Contrecœur (Ste-Trinité). 

  • Ibid. (https://www.genealogiequebec.com/Membership/LAFRANCE/acte/182106 : consultée le 6 mars 2024), sépulture de Marie Benoits, 13 déc. 1733, Contrecœur (Ste-Trinité). 

  • Université de Montréal, base de données en ligne, Programme de recherche en démographie historique (PRDH) (https://www-prdh-igd.com/Membership/fr/PRDH/Famille/2414 : consultée le 6 mars 2024), entrée du dictionnaire pour Pierre FAVREAU DESLAURIERS & Marie Madeleine BENOIT, union 2414.

  • Peter Gagné, Kings Daughters & Founding Mothers: the Filles du Roi, 1663-1673, Volume One (Orange Park, Florida : Quintin Publications, 2001), 84.

  • André Lachance, Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France ; Juger et punir en Nouvelle-France: la vie quotidienne aux XVIIe et XVIIIe siècles (Montréal, Québec: Éditions Libre Expression, 2004), 124-128.